Nadia Chahed
08 Août 2017•Mise à jour: 08 Août 2017
AA/Alger/Karim Kabir
Près de mille (1000) ressortissants nigériens, entrés illégalement en Algérie, ont été rapatriés dans leur pays durant la première semaine d’août, a révélé mardi la présidente du croissant rouge algérien, Saida Benhabyles.
«En une semaine, 997 migrants ont repris le chemin des territoires abandonnés il y a plusieurs semaines », a affirmé Benhabyles dans un entretien accordé simultanément au "Soir d’Algérie" (francophone) et" El Khabar" (arabophone).
«Ces opérations se sont effectuées après un recensement. Elles concernent uniquement les personnes de nationalité nigérienne », a-t-elle précisé.
« Sept femmes dont deux enceintes et dix enfants parmi lesquels un nourrisson ont été empêchés de partir car il avait été établi, après avis médical, qu’ils ne supporteraient pas le voyage », a-t-elle ajouté.
Eparpillés dans de nombreuses villes du pays, ces ressortissants ont été acheminés par bus, en plusieurs étapes de voyage, jusqu’à la ville de Tamanrasset, à l’extrême sud du pays (2000 km sud d’Alger), avant d’être remis à des représentants de l’Etat nigérien pour les rapatrier jusqu’à Agadez, ville du Nord du Niger frontalière de l’Algérie.
Ces rapatriements, ainsi que d’autres prévus durant les prochaines semaines, s’effectuent sur la base d’un accord passé en 2014 entre le gouvernement nigérien et algérien.
Dix-huit mille ressortissants nigérians ont, depuis, été rapatriés dans leur pays.
Selon Benhabyles, il a été recensé, parmi ces migrants, 6000 enfants non accompagnés et 3000 femmes seules exploités par des réseaux criminels dans la mendicité et la prostitution.
Aucune estimation fiable n’est disponible cependant sur le nombre exact de migrants présents en Algérie dont la plupart proviennent des pays du Sahel fuyant la sécheresse, la misère et les troubles sécuritaires. En tout, l’Algérie abrite 14 nationalités différentes.
Selon la présidente du croissant rouge, 40 mille sont des Syriens. Mais ces derniers, pour des raisons culturelles, se sont intégrés facilement dans la société algérienne, la plupart travaillant dans le commerce, leurs enfants scolarisés.
Le 21 juin dernier, une campagne menée par des anonymes sur facebook et jugée raciste a suscité un tollé dans le pays. Quelques jours plus tard, c’est le chef de cabinet de la présidence de la république, Ahmed Ouyahia, également secrétaire général du Rassemblement national démocratique (RND) (deuxième parti au parlement avec 100 députés) de susciter l’indignation après des propos sur les migrants. « Ces migrants sont une source de criminalité, de drogue et de plusieurs autres fléaux », avait déclaré Ouyahia à une chaîne de télévision privée.
Il avait en outre estimé nécessaire de «protéger le peuple algérien de cette anarchie ». Des propos jugés « choquants » et « scandaleux » par de nombreuses ONG et associations de la société civile.
Fin juillet, lors d’une rencontre ministérielle à Tunis sur la migration clandestine le long de la route de la méditerranée, le ministre algérien de l’intérieur, Nouredine Bedoui avait affirmé que l'Algérie «assume pleinement ses responsabilités» à l'égard de la question de la migration clandestine pour «la protection de ses intérêts nationaux dans le respect des valeurs et principes internationaux en vigueur». Un projet de loi et un recensement des migrants clandestins est en cours, selon le ministre de l’intérieur.