Lassaad Ben Ahmed
11 Octobre 2021•Mise à jour: 11 Octobre 2021
AA / Algerie / Aksil Ouali
Le journaliste et correspondant du quotidien francophone, Liberté, à Tamanrasset, à l’extrême sud du pays, a été condamné à un an de prison, dont six mois ferme. Ce verdict a été prononcé ce lundi 11 octobre par le juge près la Cour de Tamanrasset qui l’avait jugé en appel, le 4 octobre courant.
C’est ce qu’a annoncé le collectif de la défense du journaliste, précisant qu’il quittera la prison le 19 octobre après avoir purgé sa peine.
Arrêté en avril dernier, Rabah Karèche a été placé en détention provisoire. Il a été jugé, en première instance au début du mois d’août dernier, et condamné à un an de prison, dont 8 mois ferme.
Correspondant de presse dans cette localité de l’extrême sud du pays, le journaliste a été poursuivi pour « création d’un compte électronique consacré à la diffusion d’informations susceptibles de provoquer la ségrégation et la haine dans la société », « diffusion volontaire de fausses informations susceptibles d’attenter à l’ordre public » et «usage de divers moyens pour porter atteinte à la sureté et l’unité nationale ».
Lors de son procès en appel, le juge et le procureur de la République lui ont reproché la diffusion sur sa page Facebook de ses articles publiés dans le journal Liberté, dont notamment un compte rendu d’une protestation des notables touareg qui « ont dénoncé le nouveau découpage administratif décidé par le gouvernement ».
Selon ses avocats, Rabah Karèche « est poursuivi pour ses articles en violation de la Constitution qui interdit l’emprisonnement des journalistes pour délit de presse ».
Mais le juge près la Cour de Tamanrasset affirme le contraire, en précisant que les poursuites sont en lien avec ses publications sur les réseaux sociaux.
En 2020, le gouvernement avait adopté un nouveau texte de loi criminalisant « la diffusion sur les réseaux sociaux de fausses nouvelles et du discours de haine ».