Lassaad Ben Ahmed
28 Janvier 2018•Mise à jour: 28 Janvier 2018
AA / Alger / Selma Kasmi
L’Algérie abritera en mars prochain une conférence africaine sur le tarissement des nombreuses sources de financement du terrorisme.
L’annonce a été faite par le premier ministre algérien Ahmed Ouyahia, lors du trentième sommet de l’Union Africaine qui se tient du 27 au 29 janvier, dans la capitale éthiopienne Addis-Abeba.
L’Agence de presse nationale APS, a rapporté que l’Algérie compte "mobiliser l’ensemble de la communauté internationale à travers l’élaboration, par les Nations-Unies, d’un protocole complémentaire à la Convention Internationale pour la répression du terrorisme de 1999 ou à la Convention internationale contre la prise d’otages de 1983".
- Un milliard de dollars/an tiré du narcotrafic
Le 22 janvier, le ministre algérien des Affaires étrangères Abdelakder Messahel avait souligné à la radio algérien (Chaîne III), que le terrorisme qui se finançait jadis par les prises d'otages, le paiement des rançons s'oriente désormais vers l'exploitation des richesses de certains pays.
«Ce phénomène s'adapte et il s'autofinance par le trafic de drogue, le trafic des humains. Les passeurs font partie un peu de cette configuration qui fait qu'il y a des liens directs entre le crime organisé et le terrorisme", a-t-il détaillé.
Et de préciser : «le terrorisme se finance beaucoup plus par le trafic de drogue, qui rapporte plus d'un milliard de dollars par an à ces trafiquants ».
- Oui pour une collaboration régionale en dehors du G5
Sollicitée à maintes reprises -notamment par la France- pour intégrer la force du G5 Sahel, l’Algérie continue d’exprimer son refus en privilégiant la coopération «inter» pays de la région.
Abdelkader Messahel a réitéré le 27 janvier à la Radio Française RFI, que la doctrine algérienne en matière de lutte contre le terrorisme repose sur la non implication des troupes algériennes dans des théâtres de guerres étrangers, sans toutefois se désolidariser des combats que mènent les pays de la région pour rétablir leur sécurité.
D’ailleurs, l'Algérie a "beaucoup investi dans la formation d’unités spéciales de lutte contre le terrorisme en territoire saharien. Nous le faisons par les équipements en termes logistiques. Depuis l’indépendance jusqu’à aujourd’hui, il y a plus de 65.000 cadres africains qui ont été formés chez nous. Nous le faisons pour le Mali, nous le faisons pour le Niger, nous le faisons pour d’autres pays de la sous-région", a-t-il tenu de rappeler.
- Multiplication des efforts inter- africains
Alger multiplie depuis 2010, date de la création du Comité d’Etat-Major Opérationnel des Armées (Cemoc), à Tamanrasset dans le sud du pays, les initiatives pour la résolution des conflits entre les pays de la région. Durant huit années, le pays déverse 100 millions de dollars et abrite, notamment, les négociations entre les partis en conflit du Mali et de la Libye.
En décembre dernier, deux conférences sur la lutte antiterrorisme en Afrique ont été organisées conjointement avec le Conseil de paix et de sécurité et la Commission de l’Union africaine.
Des conférences précédées par la tenue le 23 et 24 octobre dernier, du Forum mondial de lutte contre le terrorisme sur l’Afrique de l’Ouest.