Nadia Chahed
04 Juin 2017•Mise à jour: 05 Juin 2017
AA/Alger/Karim Kabir
Pas moins de 66 000 policiers sont mobilisés pour la sécurisation des examens de fin d'année qui commencent dimanche en Algérie avec le brevet d’enseignement moyen (BEM), le Baccalauréat étant prévu pour le 11 juin prochain.
Selon le directeur adjoint de la sécurité des édifices publics et représentations diplomatiques et consulaires à la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN), Khatir Rezk Allah, cité par de nombreux médias, les «autorités ont décidé de gagner le pari de la sécurisation des examens notamment du baccalauréat ».
«De ce fait, le ministère de l'Intérieur, des Collectivités locales et de l'Aménagement du territoire, a été chargé de superviser toutes les mesures de sécurisation des examens nationaux, à travers la mobilisation de 66 000 policiers, tous corps confondus, dont 52 258 pour la sécurité du déroulement des épreuves et 14 000 policiers assureront les 4000 opérations d'escorte de l'acheminement des sujets par les voies terrestre et aérienne », a-t-il dit.
Les candidats attendus pour l'examen du BEM sont au nombre de 566 221, alors que 761701 sont attendus pour l’examen du Baccalauréat. Cette mobilisation exceptionnelle des services de sécurité intervient après des incidents survenus l’an passé, notamment après une fraude massive qui a marqué l’examen du BAC.
Une trentaine de personnes avaient été alors arrêtées par les services de sécurité. Cette fraude avait provoqué un tel tollé au sein de l’opinion qu’elle était pratiquement devenue une affaire d’Etat, de nombreux partis politiques, notamment d’obédience islamiste, ayant appelé au limogeage de la ministre de l’Education nationale, Nouria Benghebrit.
D’ailleurs, l’examen du BAC a dû être partiellement refait dans certaines filières où les sujets avaient fuités. Comme pour ne pas revivre le même scénario, outre la mobilisation des services de sécurité, de nombreuses autres mesures ont été arrêtées par le Gouvernement. Parmi ces mesures figurent notamment l’interdiction des portables dans les salles d’examen et l’utilisation de brouilleurs de portables et de caméras de surveillance, a affirmé, début Mai, la ministre de l’Education.
Elle a révélé l’existence d’ « un plan de sécurisation des sites », dont principalement l’Office national des examens et concours d’Alger.
Au niveau de l'Office d'impression des sujets, un système de vidéosurveillance a été mis en place et des appareils de brouillage des téléphones mobiles ont été installés.
Un détecteur de métaux et un scanner ont également été installés à l'entrée de l'Office, lequel a été aménagé en deux zones, une zone verte gérée par ses propres services de sécurité et une zone rouge gérée par 40 policiers dont 8 spécialisés dans la vidéosurveillance sous l'autorité d'un commissaire principal et dont l'accès est interdit aux non détenteurs d'un badge, a détaillé Khatir Rezk Allah.
Aussi, la nouveauté est que les sujets d'examen ne passeront pas la nuit, comme cela se faisait par le passé, dans les centres d'examen, mais qu’ils seront gardés dans 50 salles équipés d'un système de vidéosurveillance et d'un système de brouillage au niveau des directions sous la supervision d'un policier et d'un gendarme.
Et l'acheminement des sujets fera l'objet d' «une escorte sécuritaire continue et permanente jusqu'à la remise aux candidats sans aucune faille possible », a ajouté ce responsable. Mais au milieu de ces mesures draconiennes, une bonne nouvelle, cependant : les réseaux sociaux ne seront pas coupés, comme ça été fait l’an passé, avec les désagréments causés, mais sans que cela n’empêche la fraude.