Safwene Grira
10 Janvier 2016•Mise à jour: 11 Janvier 2016
céAA/ Antananarivo
Le parti présidentiel à Madagascar a été annoncé vainqueur des premières sénatoriales organisées depuis le coup d'Etat de 2009, selon les résultats provisoires annoncées par la Commission électorale.
La Force nouvelle pour Madagascar (HVM- parti du président Hery Rajaonarimampianina) arrive ainsi en tête avec 65% des voix, selon la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI).
Il est suivi par "J'aime Madagascar" (Tim- parti de l'ancien Président Marc Ravalomanana (10%) et de la plateforme Mapar de l'ancien Président de "transition", Andry Rajoelina (6%).
Ce scrutin, qui a eu lieu le 29 décembre dernier, rétablira le Sénat dissous avec le coup d'Etat de 2009 qui a donné lieu à 5 ans de "transition" jusqu'à l'investiture de l'actuel Président, début 2014.
42 sénateurs ont ainsi été élus, pour 5 ans, par un collège de grands électeurs, composé essentiellement de maires et de conseillers municipaux. 21 sénateurs seront ensuite nommés par le Président de la République, ainsi que prévoit la Constitution.
Bien avant l'annonce des résultats, samedi, l'opposition (Tim et Mapar) avait critiqué ce scrutin en relevant des "fraudes", alors que la CENI n'a reconnu que quelques "irrégularités".
A ce titre, une dizaine de requêtes a été déposée devant la Haute Cour constitutionnelle pour demander l’annulation du scrutin et la disqualification de candidats du pouvoir. La Cour statuera sur ces griefs et annoncera les résultats définitifs dans une quinzaine de jours, ainsi qu'en dispose la loi malgache.
Des observateurs estiment que le Président Rajaonarimampianina procédera, une fois le Sénat installé, à la dissolution de la chambre basse et à l'organisation d'élections anticipées.
Mis en minorité au sein de cette Assemblée nationale, le Président et son Gouvernement avaient essuyé, l'été dernier, deux motions de destitution, respectivement pour des "violations constitutionnelles" et "un rendement modeste".