Mohamed Safwene Grira
11 Janvier 2017•Mise à jour: 12 Janvier 2017
AA/ Kinshasa/ Fiston Mahamba Larousse
Cinquante-cinq enfants ont été tués et 48 autres blessés au cours des trois derniers mois par des groupes armés actifs dans l'Est de la République démocratique du Congo (RDC), a informé mercredi la Mission de l'ONU dans ce pays (Monusco).
"Le dernier trimestre de l’année 2016 a été particulièrement meurtrier pour les enfants vivant dans l’Est de la RDC. C’est sans doute pour la première fois que la section Protection de l’enfant de la Monusco enregistre autant de cas d’enfants blessés ou tués par les groupes armés dans la province du Nord- Kivu", a déclaré Félix Prosper Basse, porte-parole de la Monusco lors d'une conférence de presse à Kinshasa.
La plupart de ces cas ont été enregistrés dans la province du Nord-Kivu, et plus particulièrement dans le Territoire de Lubero, d'après l'officiel onusien. Les enfants ont également été durement touchés par le conflit interethnique entre les communautés Twa et les Luba dans la province du Tanganyika (Sud-est), a poursuivi Basse qui estime que "l’accès à l’éducation de plus de 50 000 enfants a été freiné à cause de ce conflit".
La présence de plusieurs dizaines de groupes armés est signalée depuis plus de deux décennies dans l'Est de la RDC. La multiplication de ces groupes, nationaux ou étrangers, aux motivations floues et évolutives, constitue la principale source d'instabilité dans ce pays, le plus grand de l'Afrique subsaharienne.
La naissance de la plupart d'entre eux est analysée comme la conséquence directe du génocide rwandais, en avril 1994.
Cet événement majeur de la fin du XXème siècle a provoqué des conflits dans le Zaïre voisin, devenu par la suite la RDC, qui ont engagé plusieurs pays africains et fait des millions de victimes.