Esma Ben Said
25 Août 2017•Mise à jour: 25 Août 2017
AA/Bujumbura/Jean Bosco
Malgré les appels à rentrer au pays lancé par Bujumbura, les Burundais continuent de fuir leur pays en raison des persécutions et sévices infligés par les Imbonerakure, la ligue des jeunes du parti au pouvoir qualifiée de milice par l'ONU, selon un rapport.
L’ONG internationale Initiative pour les droits des réfugiés (IRRI) a affirmé, dans un rapport diffusé jeudi soir, que la courbe des réfugiés reste ascendante endépit des assurances de Bujumbura sur la paix déjà effective à l’échelle nationale.
«Alors que certains retournent au Burundi et qu'il y a moins de violence ouverte, les nouveaux arrivants dans les pays voisins dépassent largement les rapatriés, et tous les Burundais interrogés ont déclaré qu'ils n'avaient pas l'intention de revenir dans un proche avenir», a déclaré dans le rapport Thijs Van Laer, responsable de programme chez IRRI.
En juin 2017, IRRI a interviewé des Burundais récemment arrivés en Ouganda. « Ils ont décrit comment ils ont été sévèrement torturés en détention, comment les membres de leurs familles ont été brutalement tués ou comment ils ont continué à souffrir en raison du sort des membres de la famille arrêtés par les Imbonerakure, une milice affiliée au parti au pouvoir ».
Ils sont nombreux à contester « le récit officiel du gouvernement burundais, qui invite les réfugiés à retourner dans leur patrie, car la paix et la sécurité prévalent sur l'ensemble du territoire national».
Leur calvaire est sans précédent, selon des témoignages recueillis par IRRI. «Les réfugiés ont déclaré des histoires horribles de viols, de tortures et de meurtres des membres de l'opposition, mais aussi des citoyens ordinaires, par les agents des services de sécurité et de Imbonerakure (membres de la Ligue des jeunes affiliés au parti présidentiel) ».
Le 20 juillet dernier, le président burundais Pierre Nkurunziza a effectué une visite officielle d’une journée à Ngara en Tanzanie.
S’adressant aux réfugiés burundais installés dans ce pays, Pierre Nkurunziza leur a demandé de regagner leur pays qui a, selon lui, recouvré la paix. Un appel qu'a aussitôt relayé le président tanzanien.
« Chers réfugiés venus du Burundi, vous avez entendu l’appel du président Nkurunziza. Rentrez dans votre pays »’, avait déclaré Magufuli, repris par la presse burundaise.
Selon les statistiques de l’agence de l’ONU pour les réfugiés, le flux des réfugiés burundais dans les pays voisins ne fléchit pas. Au 21 Août 2017, plus de 400.000 mille burundais avaient pris le chemin de l’exil depuis fin avril 2015.
Avec un effectif de plus de 240 mille personnes, la Tanzanie est le premier pays d’accueil des réfugiés burundais. Elle est suivie par le Rwanda (87 mille), l’Ouganda (37 mille) et la République démocratique du Congo (40 mille).
Les autres, moins nombreux, sont éparpillés dans les pays voisins du Burundi, en l’occurrence le Malawi, le Mozambique, le Kenya et la Zambie, selon les mêmes données.