Turquie : La Banque mondiale soutient la transformation énergétique
- L’accès à l’énergie demeure une des clés de la croissance économique en Turquie. La demande en électricité augmente chaque année d’environ 7%, ce qui nécessite des efforts constants pour développer des sources d’énergie efficaces et propres.
Lassaad Ben Ahmed
12 Janvier 2018•Mise à jour: 12 Janvier 2018
TurkeyAA / Istanbul / Cécile Durmaz
La question énergétique en Turquie a fait l’objet de nombreuses études ces dernières années. Un intérêt qui provient notamment de la corrélation entre le développement constant de l’économie turque et une consommation énergétique qui ne cesse de croître.
Selon les données de l’agence turque pour la promotion et le soutien à l’investissement, Invest In Turkey (ISPAT), le taux de croissance économique depuis 2003 était en moyenne de 5,6% par an, quant à la demande en électricité, elle augmente chaque année d’environ 7%.
Une hausse qui nécessite des efforts constants, afin de développer des sources énergétiques efficaces et propres.
C’est dans ce but que le Groupe de la Banque mondiale, adossé à une expérience de plus de 20 ans dans le secteur de l’électricité en Turquie, s’est engagée auprès des autorités turques, afin de soutenir la transformation du secteur et satisfaire les besoins du pays tout en garantissant un développement durable.
Selon la Banque Mondiale, la crise économique aigüe, que la Turquie a traversée en 2000-2001, a dévoilé l’échec des premières tentatives de privatisation du secteur de l’énergie.
L’annulation de contrats signés entre le gouvernement et des investisseurs privés, entraîne la saisie du Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), une instance du Groupe de la Banque mondiale chargée de résoudre les litiges lors d’investissements internationaux.
Cette présence du Groupe, en partenariat avec les autorités turques, aboutira à une implication plus stable et équitable des opérateurs privés dans le secteur de l’énergie.
En 2001, résolu à associer les acteurs privés, le parlement turc a adopté les textes permettant la création de nouvelles institutions afin d’installer un environnement plus favorable.
Ce sont les autorités du pays qui portent véritablement le projet de transformation du secteur électrique. Des réformes que la Banque mondiale soutient, dans le respect de la volonté du gouvernement turc de changer.
Il faudra plusieurs années à la Turquie afin de mettre en place cette entreprise d’Etat à la tête du secteur de l’énergie qui réunit de multiples opérateurs spécialisés dans la production, le transport et la distribution d’électricité.
Parallèlement, la Banque mondiale apporte expertise technique et assistance stratégique, afin de décider de la structure du marché, des règles régissant le secteur et de la tarification.
Selon le Groupe : «le marché de gros, lancé en 2006, permet aux investisseurs privés d’avoir des signaux-prix clairs. En 2007, près de 40 % du marché de l’énergie est libéralisé.»
Le pays dispose d’une cellule d’investisseurs nationaux permettant de renforcer la crédibilité et la solidité des réformes mises en place et de favoriser, de facto, l’arrivée d’investisseurs internationaux.
De son côté la Banque mondiale, l’IFC (International Finance Corporation), la MIGA (Multilateral Investment Guarantee Agency) et le CIRDI (Centre International pour le Règlement des Différends relatifs aux Investissements), en partenariat avec la Turquie, se sont mobilisés afin de garantir une concertation maximale.
La Groupe accorde à l’Etat les financements nécessaires qui permettent de déclencher des investissements privés, d’améliorer l’accès à l’énergie aux ménages de la classe populaire et d’aider le secteur à se tourner vers les énergies propres.
La Banque mondiale a déclaré que : «le prêt de 202 millions de dollars, octroyé en 2004, permet à la Turquie de poser les jalons d’une filière renouvelable. Cette opération aura un effet de levier considérable, suscitant des investissements privés se chiffrant en milliards.»
En outre, depuis 2008 l’IFC investit dans les compagnies privées d’électricité, entraînant d’autres acteurs privés.
La MIGA, quant à elle, apporte 300 millions de dollars de garanties. Les investissements d’IFC dans la distribution et la production d’électricité ressortent à 3 milliards de dollars, dont 1,2 milliard sur fonds propres, le reste provenant d’autres sources de financement.
Hamdi Akin, président d’Akfen Holding, «en investissant dans le secteur énergétique de la Turquie, l’IFC a envoyé un signal de confiance qui a incité d’autres investisseurs institutionnels à se manifester.», a-t-il déclaré.
Le marché de l’énergie étant devenu ouvert et concurrentiel, cet appui a permis, selon la Banque mondiale, de lever plus de 55 milliards de dollars d’investissements privés depuis 2000.
Toujours d’après la BM : «en 2015, les investissements et les engagements du Groupe représentaient un total de plus de 7 milliards de dollars.»
En 2015 le marché de l’électricité du pays est devenu plus concurrentiel et parfaitement fonctionnel.
L’ancien directeur au ministère de l’Energie, Budak Dilli, déclarait que : «grâce aux privatisations et aux nouveaux investissements, la part de l’État est passée de pratiquement 100 % à 30 %.».
Aujourd’hui, la Turquie a relevé le défi et affirmé sa capacité de développer et optimiser le secteur de l’énergie par un investissement général des différents acteurs économiques, que ce soit locaux ou internationaux, des secteurs privés ou institutionnels.
Désormais la distribution d’électricité est entièrement privatisée.