PM Tunisien: 2,66 milliards de dollars de pertes pour les institutions publiques en 2016
"Les institutions publiques sont désormais un fardeau pour le budget de l'Etat", selon Tarek Cherif, président de Conect
Adil Essabiti
03 Mai 2018•Mise à jour: 03 Mai 2018
TunisiaAA / Tunisie / Aicha Yahyaoui
Youssef Chahed, chef du gouvernement tunisien, a annoncé, jeudi, que les pertes cumulées par les institutions publiques en 2016 seraient de 6,5 milliards de dinars (2,66 milliards de dollars).
Lors de l'ouverture d'une conférence sur "Les institutions publiques en Tunisie", Chahed a réitéré l'importance des réformes structurelles, imposées par les difficultés économiques et financières.
En raison de la détérioration de la situation économique dans le pays, depuis la révolution de 2011, les finances de nombreuses institutions gouvernementales ont été frappées par la baisse des revenus, ce qui a incité le gouvernement à étudier la privatisation de certaines institutions.
Chahed a ajouté que "réformer les institutions publiques ne signifie pas les abandonner ou se passer de leur rôle, l'importance du poids économique et social de ces institutions appelle la nécessité de les sauver et de les restructurer".
Selon une étude de la Confédération des Institutions Tunisiennes de Citoyenneté (CONECT), diffusée lors de la conférence, "5 institutions publiques ont causé 89% de la baisse des revenus des institutions publiques".
Ces institutions sont : l'Entreprise Tunisienne d’Activités Pétrolières (ETAP), Tunisie Telecom (TT), le Groupe Chimique Tunisien (GCT), la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG) et la société Tunisienne de Sidérurgie ELFOULADH.
L'étude effectuée par Connect, en collaboration avec Ernst & Young, a porté sur environ 92 institutions publiques sur un total de 212 institutions assujetties à la loi.
Tarek Cherif, président de Conect, a déclaré lors de la conférence que l'Etat a soutenu ces institutions avec 10,5 milliards de dinars (4,3 milliards de dollars) entre 2014 et 2016.
"Les institutions publiques sont désormais un fardeau pour le budget de l'Etat", a-t-il ajouté.