Serap Doğansoy
23 Janvier 2026•Mise à jour: 23 Janvier 2026
AA / Istanbul / Serap Dogansoy
Le Premier ministre Sébastien Lecornu s’est fixé vendredi l’objectif de construire « 2 millions de logements d’ici à 2030 », soit « 400.000 par an », lors d’un déplacement en Seine-Saint-Denis destiné à présenter les réponses apportées par le budget 2026 à la crise du logement.
« Je ne doute pas que nous serons surveillés dans notre capacité collective, avec la profession, à réussir et être capables de sortir 2 millions de logements d’ici à 2030. C’est absolument colossal », a-t-il déclaré lors d’un point presse à Rosny-sous-Bois. Il a estimé que le logement figurait parmi « les grandes urgences du pays », qui « ne pourront pas attendre le grand débat de la présidentielle de 2027 ».
Cet objectif constitue l’axe central d’un plan de relance du logement présenté par le gouvernement comme « l’un des plus radicaux de ces dix dernières années » dans sa philosophie, afin de relancer massivement la construction et la rénovation.
Le Premier ministre a également exposé plusieurs principes devant guider ce plan, appelant à davantage de souplesse pour soutenir le secteur et affirmant qu’il ne fallait pas opposer le logement social au privé, ni les territoires ruraux aux zones urbaines. Il a indiqué vouloir appliquer au logement une méthodologie inspirée des chantiers de reconstruction de Notre-Dame de Paris et de l’organisation des Jeux olympiques.
Pour atteindre cet objectif, l’exécutif prévoit notamment un « soutien financier inédit aux bailleurs sociaux » inscrit dans le budget 2026, la mobilisation de l’épargne des ménages pour relancer l’investissement locatif, ainsi qu’un calendrier d’engagements visant à simplifier les projets immobiliers en lien avec les élus locaux et les professionnels du secteur.
Un nouveau dispositif d’investissement locatif, appelé à remplacer le dispositif Pinel et susceptible de porter le nom de « Vincent Jeanbrun », a par ailleurs été présenté. Il s’agit d’une version renforcée du « statut du bailleur privé », un avantage fiscal destiné à encourager les particuliers à investir dans des logements destinés à la location.
Selon le ministre du Logement, ce mécanisme pourrait permettre la construction de près de 50.000 logements supplémentaires par an et générer plus de 500 millions d’euros de recettes fiscales.