Sanaa Ou Amir Ahamada
31 Juillet 2026•Mise à jour: 31 Juillet 2026
Le Conseil de sécurité des Nations unies a décidé, jeudi, de prolonger d'un an le régime de sanctions visant la République centrafricaine (RCA), estimant que les groupes armés qui continuent d'opérer dans le pays représentent toujours une menace pour la paix et la sécurité internationales.
Réuni au siège des Nations unies à New York, le Conseil a adopté à l'unanimité la résolution 2827, prorogeant les sanctions jusqu'au 31 juillet 2027. Cette décision intervient dans un contexte marqué par des avancées sécuritaires, mais également par la persistance d'activités de groupes armés dans plusieurs régions du pays.
S'exprimant à l'issue du vote, l'ambassadeur de la République centrafricaine auprès des Nations unies, Marius Aristide Hoja Nzessioué, a salué les progrès réalisés ces dernières années, qu'il attribue à une coopération renforcée entre les autorités nationales et leurs partenaires internationaux.
Le diplomate centrafricain a toutefois insisté sur la nécessité de s'attaquer aux réseaux qui alimentent les groupes armés, estimant que l'efficacité des sanctions dépend de la capacité de la communauté internationale à identifier les circuits d'approvisionnement en armes et les sources de financement.
« Comment expliquer que ces groupes armés, soumis aux sanctions, aient pu se procurer des armes ? Quels sont les réseaux qui permettent cela ? Qui finance ces activités et en tire profit ? », s'est interrogé Marius Aristide Hoja Nzessioué devant les membres du Conseil, selon Africanews.
Selon lui, tant que ces mécanismes ne seront pas démantelés, les groupes armés continueront de se réarmer après chaque période d'affaiblissement, perpétuant ainsi le cycle de violence qui affecte la République centrafricaine depuis plusieurs années.
Avant l'adoption de la résolution, l'ambassadeur de la France auprès des Nations unies, Jérôme Bonnafont, a reconnu que la République centrafricaine avait enregistré des « progrès significatifs » sur le plan sécuritaire.
Il a néanmoins souligné que la situation restait « fragile » et que les groupes armés continuaient de représenter une menace pour la stabilité du pays.
Le représentant français a estimé qu'il appartenait aux Nations unies de poursuivre leur soutien aux autorités centrafricaines dans leurs efforts visant à lutter contre les groupes armés et les individus qui leur sont associés.
La République centrafricaine reste confrontée depuis plus d'une décennie à des violences récurrentes impliquant plusieurs groupes armés, malgré les différents accords de paix et les opérations menées avec l'appui de la communauté internationale.
Les sanctions imposées par le Conseil de sécurité visent notamment à limiter l'accès de ces groupes aux armes et à leurs sources de financement, afin de favoriser la stabilisation du pays.
Selon Africanews, l'adoption de la résolution 2827 traduit la volonté des membres du Conseil de sécurité de maintenir la pression sur les groupes armés tout en poursuivant l'accompagnement des autorités centrafricaines dans leurs efforts en faveur de la paix et de la sécurité.
- Contexte
La résolution 2827 s'inscrit dans la continuité d'un régime de sanctions vieux de treize ans.
Tout commence en 2013, lorsque le Conseil de sécurité adopte la résolution 2127 pour tenter d'endiguer le conflit armé qui ravage alors la République centrafricaine : embargo sur les armes, gel des avoirs, interdiction de voyager visent les groupes armés et les individus accusés d'entraver la paix.
Le dispositif évolue au fil des ans. En 2024, coup de théâtre relatif : la résolution 2745 lève l'embargo sur les armes qui pesait sur le gouvernement centrafricain lui-même, tout en maintenant les sanctions contre les groupes armés non étatiques.
Le 29 juillet 2026, sans surprise, le Conseil reconduit une nouvelle fois ce régime en adoptant à l'unanimité la résolution 2827 : les sanctions sont prolongées jusqu'au 31 juillet 2027, et le mandat du groupe d'experts chargé d'en vérifier l'application est étendu jusqu'au 31 août 2027.
Un vote qui, loin d'être anodin, confirme que Bangui, malgré des progrès salués par la diplomatie française, n'est pas encore sorti de la zone à risque les régions frontalières restant marquées par une insécurité persistante.