Zuhal Demirci,Ayvaz Çolakoğlu
28 Avril 2017•Mise à jour: 28 Avril 2017
AA - Ankara - Ayvaz Colakoglu
"Dans une région difficile, nous tentons d'assurer la paix mondiale, de maintenir notre démocratie debout, et d'assurer la sécurité de l'Europe. Compte tenu de cela, l'Europe en tête, beaucoup de pays devraient nous exprimer leur gratitude".
C'est ainsi que le Premier ministre turc Binali Yildirim a résumé la position de la Turquie lors d'une interview accordée à la chaîne BBC World, vendredi.
Concernant les critiques au sujet de l'état d'urgence en vigueur en Turquie, Yildirim a indiqué que son pays a vécu un "très grand traumatisme" et que de nombreuses personnes sont tombées en martyrs ou bien blessées lors de la tentative de coup d'Etat du 15 juillet dernier, ajoutant qu'il est facile de critiquer alors que nettoyer les membres du FETO de toutes les instances de l'Etat reste une tâche très complexe.
"Que feriez-vous si une chose pareille arrive dans votre pays, si des citoyens innocents sont tués, si l'on tente de suspendre votre démocratie, si l'on bombarde votre Assemblée, si l'on tire sur votre Premier ministre et si l'on tente, par des moyens spéciaux, d'assassiner votre président ?" s'est-il interrogé.
"La Turquie est dans une région difficile, d'un côté elle accueille les millions de personnes qui sont dans l'obligation de fuir la Syrie et l'Irak afin de sauver leurs vies. De l'autre, elle lutte contre Daesh, le PKK et FETO. Qu'est ce que cela veut dire ? Dans cette géographie difficile, nous tentons d'assurer la paix mondiale, de maintenir notre démocratie debout, et d'assurer la sécurité de l'Europe", a-t-il lancé.
Et de poursuivre : "Compte tenu de cela, l'Europe en tête, beaucoup de pays devraient nous exprimer leur gratitude. Ce n'est pas ce qui est fait, mais au contraire, nous sommes la cible d'une campagne sans la moindre pitié qui tente d'installer une certaine perception, comme si ce n'est pas eux mais nous qui avions tenté de faire un coup d'état. Nous considérons cela comme une grande injustice et nous en sommes attristé. Notre peuple ne le mérite pas. Le peuple turc ne le mérite pas car au prix de sa vie, il a fait avorter le coup d'état et s'est approprié son avenir".
Le chef du gouvernement turc a aussi indiqué que si aujourd'hui un référendum était organisé sur la question de l'adhésion de la Turquie à l'Union Européenne, le "non" l'emporterait et ce, en raison du parti pris de certains pays européens et du soutien apporté aux organisations terroristes séparatistes hostiles à la Turquie, insistant sur le fait que les menaces ne seront jamais acceptées par le peuple turc qui ne tolérera pas non plus les directives.
"C'est à l'Union Européenne (UE) de prendre cette décision. L'UE a l'esprit confus. Elle doit mettre en place une vision d'avenir. Va-t-elle poursuivre en restant attachée aux valeurs européennes ou bien se transformer en un club chrétien. Cette décision, elle doit la prendre d'une manière claire et nous la soumettre, après ça, nous déciderons des dispositions à prendre", a-t-il martelé.
Au sujet de la crise syrienne, Yildirim a déclaré que la réponse militaire donnée par les autorités américaines aux meurtres des enfants en Syrie (attaque chimique du régime) est un point positif qui doit se poursuivre afin de trouver une solution politique durable à cette situation qui a causée la mort de près d'un million de personne, rappelant que la Turquie est en première ligne et que c'est le pays qui se bat le plus pour une paix dans la région.