AA - Ankara - Nur Gülsoy
Une stratégie visant d'augmenter le volume commercial en Afrique ne suffira pas, a déclaré le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu qui a insisté en outre sur le besoin d'investir dans le continent .
Le chef du gouvernement turc a prononcé un discours à la 3ème réunion des attachés commerciaux, lundi à Ankara.
La mission des attachés commerciaux n'est pas uniquement de travailler pour augmenter le volume commercial avec les pays africains, mais aussi de chercher les moyens d'y encourager l'investissement, selon Davutoglu.
"Comparé à 2008, la part de l'Afrique dans notre commerce extérieur est passé de 4,7% à 8,7%, a-t-il dit. Avec les avancées et politiques que nous avons réalisées durant les dernières années, nous sommes devenus l'un des pays les plus actifs en Afrique. Si nous continuons ainsi, nous atteindrons même les 10-15%. C'est déjà ainsi que nous avons surmonté la crise économique mondiale. Lorsque le marché d'exportation européen s'est rétréci, nous nous sommes tournés vers les pays voisins, puis lorsque ces derniers ont eu le même destin, nous nous sommes dirigés vers l'Afrique et l'Amérique latine. Mais une stratégique visant uniquement à augmenter le volume commercial ne suffira pas en Afrique. Vous devez chercher les moyens d'y investir, (...) surtout dans les domaines du textile, de la construction... Nous devons adopter une nouvelle perspective dans le cadre de laquelle nous pourrons transmettre notre expérience et notre savoir-faire, concernant les ressources naturelles et les réserves minières."
Davutoglu a souligné que la compagnie aérienne Turkish Airlines est celle qui effectue le plus de vols en Afrique.
Le chef de gouvernement a aussi commenté les relations commerciales de son pays avec ses voisins et avec l'Union Européenne.
Les attachés commerciaux doivent bien analyser les réglementations européennes sur l'Union douanière et s'efforcer d'empêcher les nuisances à la Turquie dont l'industrie dispose d'un pouvoir concurrentiel au sein du marché européen, a dit Davutoglu.
Le Premier ministre a en outre insisté sur les stratégies développées avec les voisins au cours des 12 dernières années, telles que "les mécanismes de stratégie/coopération de haut niveau". Il a rappelé les réunions récemment organisées avec la Grèce, l'Irak et la Russie.
"La Turquie est déterminée à développer ses relations avec ses voisins, a-t-il dit. Nos attachés commerciaux doivent garder en tête que la Turquie souhaite intégrer son économie a celle de ses voisins, dans un esprit de complémentarité. L'Irak et la Turquie sont deux pays qui se complètent, ce ne sont pas des adversaires. L'Irak demeure le deuxième pays vers lequel nous exportons le plus."
Davutoglu a conclu que la Turquie doit élargir ses perspectives et les limites économiques, tout en respectant les frontières politiques, pour pouvoir concurrencer avec les pays à superficie continentale 8 voire 10 fois plus grande que la sienne, tels que les Etats-Unis, la Russie, la Chine, l'Inde, le Brésil, le Canada et l'Australie.