AA - Istanbul - Tuncay Çakmak
Le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, a déclaré, jeudi, lors d’une interview sur la chaîne privée Kanal 7, que l’élection du candidat du Parti de la Justice et du Développement (AKP) à la tête du parlement turc n’est pas due au choix du Parti d’Action Nationaliste (MHP).
Le MHP avait choisit de voter nul lors du dernier tour, ouvrant la porte à l’élection d’Ismet Yilmaz.
"Le message du MHP ne nous était pas adressé, mais plutôt au Parti Républicain du Peuple (CHP)", a-t-il ajouté.
Davutoglu a indiqué qu’il ne faut pas prendre cette élection comme le signe d’une future coalition entre l’AKP et le MHP.
«Nous avons désigné un candidat que nous avons soutenu jusqu’au bout», a précisé le Premier ministre.
Selon Davutoglu, les élections du 7 juin ont donné un parlement où plusieurs partis doivent se mettre d’accord pour gouverner ensemble. L’AKP a pris ce message au sérieux et suit une politique ouverte sur le dialogue et le compromis.
Mais pour le Premier ministre turc, les autres partis, cherchent au contraire «à ne pas former de coalition», stagnant sur des positions rigides et non constructives.
«Certains espéraient agir en bloc contre l’AK Parti, mais vu leurs différences idéologique cela s'est avéré impossible. Aujourd’hui, il est inconcevable qu’un gouvernement puisse se former sans notre parti», a estimé Davutoglu.
Le leader de l’AKP a de nouveau annoncé qu’il souhaitait rencontrer tous les partis dans ce processus, ajoutant que si certains ne veulent pas le rencontrer, ce sera leur choix, et qu’ils devront s’en expliquer au peuple.
Davutoglu a tenu à souligner que les négociations sur une future coalition ne pourront se faire sur les bases de revendications extrêmes de la part des autres partis.
«Le peuple a exprimé un choix. Je ne peux pas ignorer cela et donner plus de responsabilité que le peuple leur a donné», a-t-il déclaré, en référence aux exigences de certains partis, notamment en fermant la porte a un partage du siège de premier ministre.
En réponse a une question sur les éventuelles formules, Ahmet Davutoglu a déclaré que le futur gouvernement pourrait être formé d’une alliance de l’AKP avec le MHP ou le CHP, ajoutant que les autres formules ont été repoussées par les dirigeants des autres partis.
Le Premier ministre a tenu à préciser que l’AKP ne cherche pas à tout prix à être au gouvernement, mais que le sens des responsabilités et la volonté du peuple les obligent à trouver une solution pour former rapidement un nouveau gouvernement.
Concernant la situation en Syrie, Ahmet Davutoglu a rappelé que la Turquie prend et prendra toutes les mesures nécessaires pour protéger son territoire et ses citoyens face aux menaces susceptibles de venir de ses voisins.
«Nous ne laisserons pas les terroristes, quels qu’ils soient, déstabiliser notre pays», a-t-il indiqué.
Cependant, le chef du gouvernement a tenu à rassurer en affirmant qu’ils n’engageraient pas le pays dans une aventure militaire irresponsable.
«Ceux qui affirment que nous allons prochainement lancer une intervention militaire en Syrie ne cherchent qu’à attiser la polémique, ce ne sont que des spéculations», a-t-il dit.
D’après Davutoglu, la Turquie est décidée à lutter contre toutes formes de terrorisme, notamment contre Daesh, mais aussi contre les autres groupes qui entreprennent des nettoyages ethniques.