Mehmet Tosun,Tuncay Çakmak
28 Septembre 2017•Mise à jour: 29 Septembre 2017
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le ministre turc de l’Intérieur, Suleyman Soylu, a indiqué que les forces de sécurité turques ont réalisé, ces 12 derniers mois, 68 464 opérations contre les différentes organisations terroristes qui menacent la sécurité en Turquie.
Soylu était, jeudi, l’hôte des éditorialistes de l’Agence Anadolu à Ankara.
Il est revenu sur la lutte contre le terrorisme, notamment contre PKK et FETO.
Le ministre a vanté l’efficacité des opérations menées contre le PKK tout particulièrement.
"L’alchimie et la stratégie du PKK est totalement bouleversée. Auparavant, les terroristes se déplaçaient en groupe de 15-20 individus, aujourd’hui ils sont 2 à 5 au maximum. L’utilisation de drones nous fait obtenir d’excellents résultats", a-t-il d’abord expliqué.
Selon lui, cette efficacité des forces de sécurité a eu une forte influence sur le recrutement de nouveaux éléments par le PKK.
"Le niveau des participations au PKK est au plus bas de ces 30 dernières années. Cette situation démoralise fortement l'organisation terroriste", a-t-il affirmé.
"En un an, nous avons réalisé 68 464 opérations sécuritaires, dont environ 40 mille contre le PKK, 25 mille contre FETO et plus de deux mille contre Daech", a-t-il ajouté.
Suleyman Soylu s’est aussi exprimé sur la déchéance de certains maires de l’Est et du sud-est de la Turquie pour leurs liens avec l’organisation terroriste PKK.
"Ce fut une décision très juste et appropriée. Certaines municipalités soutenaient financièrement et logistiquement les terroristes. A Van (est) par exemple, les véhicules de la mairie livraient chaque matin du pain chaud sorti des fours aux terroristes qui se cachaient dans les montagnes. Il fallait absolument mettre fin à ce type d’agissements. Nous avons pris la décision qu’il fallait", a-t-il expliqué.
"De peur de perdre leur influence sur une partie de la population, le PKK vise nos sous-préfets que nous avons chargé de gérer ces municipalités. Pourquoi ? Parce qu’ils font un travail héroïque. La population est satisfaite, les commerçants qui n’arrivaient pas à être payés par les mairies ont enfin pu être payés", a-t-il poursuivi.
Justement, sur le sujet des attaques du PKK contre les civils, le ministre de l’Intérieur a indiqué que depuis le début de l’année, une quarantaine de civils ont perdu la vie.
"Depuis le début de l'année 2017, 40 civils ont été tués par les terroristes du PKK. Ils étaient ouvriers, techniciens, électriciens, enseignants ...", a-t-il fait savoir.
Soylu est ensuite intervenu au sujet de la lutte contre FETO, organisation terroriste auteur de la tentative de coup d’état repoussée du 15 juillet 2016.
"Nous avons sérieusement diminué les capacités d'action de FETO, du moins en Turquie", a-t-il d’abord affirmé.
En ce qui concerne le réseau de FETO en dehors de la Turquie, le ministre a rappelé que le "centre du réseau" est la Turquie.
"Grâce aux coups que nous avons porté à l’organisation terroriste sur notre territoire, nous avons automatiquement réduit ses capacités ailleurs", a-t-il dit.
Une autre organisation terroriste contre laquelle l’état turc lutte activement, c’est Daech.
Tant sur le territoire national qu’au-delà, comme ce fut le cas en Syrie avec l’opération Bouclier de l’Euphrate, la Turquie arrive en tête des pays les plus actifs dans ce combat.
"Nous avons minutieusement interrogé tous les détenus membres de Daech enfermés dans nos prisons. Le ministère de la Justice a cherché à dresser le mécanisme qui a fait que ces individus ont rejoint cette organisation terroriste. Un profil très intéressant en est ressorti. Nous utilisons ces conclusions pour rendre notre lutte contre le terrorisme encore plus efficace", a-t-il expliqué.
Pour finir, le ministre Soylu s’est exprimé sur le nombre de réfugiés présents en Turquie.
"Notre pays compte 3,2 millions de réfugiés syriens, dont 330 744 vivent dans les camps. Les Syriens ne sont pas les seuls réfugiés qui décident de venir en Turquie : environ 250 mille irakiens vivent ici et il y a aussi des Afghans, des Iraniens, des Pakistanais ou encore des Somaliens. Près de 4,5 millions de migrants sont venus en Turquie", a-t-il précisé.