AA - Istanbul - Nur Gülsoy
Le parquet de la République à Istanbul a demandé un mandat d'arrêt le 18 décembre contre Fethullah Gulen, dans le cadre de l'opération contre l' "organisation parallèle".
Dans le message qu'il a adressé jeudi à la Cour pénale de paix, le parquet a affirmé: "Fethullah Gülen, soupçonné d'être le chef de l'organisation, connue également comme 'mouvement de service' par le public, formée à l'encontre des lois et règles, dans les domaines des médias, de l'économie et de la bureaucratie, avait quitté le pays en 1998 et n'est pas rentré depuis."
Le parquet a ajouté que "des preuves évidentes collectées dans le cadre de l'enquête démontrent que Gülen a commis un délit, mais n'est pas accessible puisqu'il est dans un pays étranger depuis très longtemps."
Le parquet a ainsi demandé un mandat d'arrêt pour Gülen. La demande sera évaluée par la Cour pénale de paix.
Le procureur de la République avait émis un mandat d'arrestation contre 31 personnes, accusées, entre autres, de falsification des documents officiels, fabrication de preuves, formation d'une présumée organisation criminelle par la force et d'atteinte à la souveraineté de l'Etat.
Ekrem Dumanli, le rédacteur en chef du quotidien Zaman, Hidayet Karaca, le président-directeur général du groupe Samanyolu Media, Salih Aslan et Engin Koc, le producteur et réalisateur de la série télévisée Sungurlar pour la chaîne Samanyolu TV et Makbule Cam Alemdag, la scénariste pour une autre série sur Samanyolu figurent parmi les personnes mises en garde à vue dimanche par la police.
Toutes les personnes détenues seraient affiliées au mouvement Gülen mené par la personnalité religieuse turque Fethullah Gülen, en exil volontaire aux Etats-Unis.
Un réseau de bureaucrates et de hauts responsables étatiques turcs, proches de la personnalité religieuse Fethullah Gülen, œuvrerait à saper le gouvernement en s'ancrant de manière méthodique dans les arcanes de l’Etat, tout particulièrement, au sein des institutions de la justice et de la sécurité. Le gouvernement actuel appelle ce réseau '' l'organisation parallèle''.
Le ministre de l'Economie, Zafer Caglayan, le ministre de l'Intérieur Muammer Guler et le ministre de l'Environnement et du Développement urbain, Erdogan Bayraktar, avaient démissionné de leurs postes après une affaire de corruption révélée le 17 décembre 2013. Le ministre des Affaires de l'Union Européenne Egemen Bagis a, lui, perdu son poste lors du remaniement ministériel du 25 décembre 2013.
Des représentants du gouvernement turc accusent aussi certains procureurs et employés de la police qui avaient mené l'enquête dans l'affaire de corruption du 17 et du 25 décembre, d'être en relation avec l'organisation parallèle pour des buts d'espionnage. Quatre ministres avaient alors été accusés de corruption et contraints de démissionner.