Seyhan Kırıcı,Tuncay Çakmak
13 Décembre 2017•Mise à jour: 13 Décembre 2017
AA – Balikesir
Un moulin à eau vieux de 400 ans a été dernièrement remis en service, dans le district de Kinik, de la province de Sindirgi à Balikesir (Sud-Ouest Turquie).
Ce moulin à eau, remis en marche suite à la panne intervenue lors des inondations l'an dernier, produit de la farine grâce à la mouture du blé, via des méthodes traditionnelles.
Ibrahim Gökdeniz (48 ans), héritier du moulin de son père, confie à Anadolu, qu'il se rend chaque jour au moulin vers 6 heures du matin et qu'il poursuit la mouture jusque tard le soir. Il précise que la transformation du blé en farine dure en moyenne entre cinq et six jours.
« C'est une tradition ancienne qui se poursuit depuis quatre siècles. Les habitants du quartier apportent leurs blés et nous le transformons. La contrepartie de la mouture reste le blé en soi. Nous transformons environ 25-30 tonnes de blé par mois. Certains viennent de villes comme Bursa, Izmir, Canakkale, Manisa ou encore Eskisehir pour utiliser le moulin. Je me servirais de cette méthode jusqu'à la fin de mes jours. J'ignore si mon fils prendra le relais après ma mort. Mais heureusement, la mairie prend soin du moulin et le soutien de tout son possible », dit-il.
- Il vit de la vente du blé qu'il obtient en contrepartie
Gökdeniz souligne qu'il n'accepte pas de contrepartie pécuniaire pour l'utilisation de son moulin. En effet, Gökdeniz recourt à la méthode de paiement traditionnel du "droit" qui consiste à garder une partie de la mouture obtenue soit, dit-il, 9 kg sur 50 kg de mouture obtenue. C'est de la vente de ce blé, qu'il obtient en contrepartie, que Gökdeniz fait son gain.
Le maire de la ville de Kinik, Halil Cetinkaya, souligne que la farine obtenue par cette méthode traditionnelle est très prisée. Il précise que certains clients viennent d’ailleurs des grandes villes pour en acheter.
« Par exemple, une personne originaire de Bursa a loué un terrain de 20m² dans notre quartier. Il y cultive, uniquement, du blé de « Karakilçik » pour le transformer ensuite avec le moulin historique. Ensuite, il emporte sa farine à Bursa », raconte-t-il.
Quant au maire de la ville de Sindirgi, Ekrem Yavas, qui se réjouit que la méthode traditionnelle soit utilisée depuis 400 ans, exprime également sa satisfaction face à la transmission de ces méthodes et traditions aux nouvelles générations.
Il précise que la ville conserve son naturel puisque les confitures de raisins, les tapis tissés, les sauces tomates ainsi que les « tarhana » (mélange confectionné pour la préparation de soupe) sont tous obtenus à partir des méthodes traditionnelles ancestrales.
"Le moulin hydraulique fonctionne grâce à l'eau de la rivière. C'est par l'utilisation de cette énergie hydraulique que la farine est obtenue. Dans cette méthode le son du blé n'est pas retiré. La farine que l'on obtient permet de fabriquer du pain complet " explique le maire.
Enfin, il souligne que les touristes visitent, lors de leur séjour, le moulin, datant de quatre siècles, afin d’en découvrir le fonctionnement.