AA - Ankara - Nur Gülsoy
Serrez la main du président syrien Bachar al-Assad n'est aucunement différent de serrer celle de Hitler, de Milosevic, de Radovan Karadzic ou de Saddam, a déclaré le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu.
Le chef du gouvernement turc s'est exprimé devant le groupe de son Parti pour la Justice et le Développement (AK Parti), mardi au Parlement, où il a commenté les propos du Secrétaire d'Etat américain, John Kerry.
Kerry avait déclaré lors d'une interview télévisée, dimanche, que son pays sera obligé de négocier avec al-Assad pour une transition politique en Syrie.
"Les propos de Kerry ont été démentis par la suite, nous nous en réjouissons d'ailleurs, a déclaré Davutoglu. Si vous tentez de coopérer avec le régime syrien ou la dictature égyptienne, vous aurez épuisé votre crédibilité dans le monde. Notre principe est clair, notre approche est nette. Si vous serrez la main d'al-Assad [président syrien], la scène ne sera pas effacée de la mémoire de l'humanité pendant longtemps. Serrez la main d'al-Assad n'est aucunement différent de serrer celle de Hitler, de Milosevic, de Radovan Karadzic ou de Saddam."
- La nouvelle avancée de l'industrie de la défense turque
Davutoglu avait inauguré, avec le président Recep Tayyip Erdogan, le Centre de Radar et des Technologies de guerre électroniques de la société turque "Industrie Electronique Militaire", ASELSAN, lundi à Ankara, où ils avaient mis l'accent sur l'avancée de ce secteur en Turquie.
"Nous espérons produire nos propres avion de combat, tank, navire de guerre; établir notre propre technologie de guerre électronique d'ici 2023, et édifier un avenir pour l'Etat turc afin qu'il n'aura plus besoin de personne, a affirmé le Premier ministre. Les pays qui ne développent pas leur industrie de la défense ne peuvent pas avoir des ambitions pour l'avenir."
- "Certains rêvent d'une crise en Turquie"
"Le peuple sait bien que des scénarios de crise sont inventés avant chaque élection, a dit Davutoglu. Certains rêvent d'une crise en Turquie, pour faire diversion sur la fluctuation qu'on observe dans le monde entier, et la montrer comme si elle était propre à la Turquie, afin d'abîmer ainsi le gouvernement d'AK Parti. Que personne ne fasse des calculs sur la base de scénarios de crise. Ceux qui procèdent ainsi, ceux qui s'investissent dans la crise, perdront forcément."
Davutoglu a assuré que la Turquie dont la livre s'est dépréciée face au dollar, a pris des mesures pour éviter plus d'impacts négatifs. Il a aussi fait remarquer que la monnaie turque a perdu 14,2% de sa valeur entre novembre 2014 et le 12 mars 2015, l'euro 14,6%, la couronne danoise 14,8%, le peso colombien 15,5%.