AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le ministre turc de la Culture et du Tourisme, Omer Celik, a déclaré, lundi, que les conclusions quant à la formation ou non d’une coalition entre le Parti pour la Justice et le Développement (AK Parti) et le Parti Républicain du Peuple (CHP) seront plus claires jeudi ou vendredi.
Le ministre Celik s'exprimait aux journalistes après la rencontre de plus de quatre heures entre les deux leaders des deux formations politiques, le Premier ministre Ahmet Davutoglu et Kemal Kilicdaroglu.
Omer Celik a tout d’abord indiqué que le rapport des discussions préliminaires entre l’AK Parti et le CHP a été étudié en Conseil des Ministres, juste avant la rencontre des leaders.
«Dans une approche responsable et constructive, afin de ne pas laisser la Turquie sans gouvernement, les deux présidents ont débattus de nombreux sujets dans un large éventail, a-t-il dit. Plusieurs formules gouvernementales sont envisageables, toutes ont été discutées.»
Celik a expliqué que le Premier ministre a présenté l’approche de son parti concernant les points sur lesquels il y a un accord entre les deux formations, puis sur les points nécessitant des échanges supplémentaires et finalement les points sur lesquels un réel désaccord existe.
«Monsieur Kilicdaroglu a également présenté l’approche de son parti, a-t-il poursuivi. Au point où nous en sommes, il n’est pas possible de dire que les discussions ont abouties à une conclusion quelconque. Avant la fin de la semaine, jeudi ou vendredi, les deux présidents se rencontreront une nouvelle fois pour décider de la formation ou non d’une coalition.»
Omer Celik a ensuite fait une analyse du processus qui se poursuit depuis plusieurs semaines entre les deux partis.
«C’est une première dans l’histoire de la Turquie, que deux formations totalement opposées, qui représente les deux artères principales de la vie politique de notre pays, aient pu poursuivre de si longues discussions pour arriver ensuite à une rencontre entre les deux leaders de ces partis", a-t-il estimé.
"Nous estimons donc que c’est en soi, un point très positif pour le débat politique dans notre pays. Nous sommes satisfaits de l’ambiance ouverte, respectueuse mais où chacun exprime clairement ses positions, dans laquelle se poursuivent les rencontres. Il est évident que ce travail très difficile est, pour autant, nécessaire pour le salut de notre pays.»
Pour le ministre de la Culture, il est naturel que ces deux formations politiques, tellement éloignées l’une de l’autre sociologiquement, ne tombent pas d’accord sur tous les sujets. C’est pourquoi les discussions se concentrent prioritairement sur les réformes et les politiques qui pourraient être menées ensemble.
En réponse à une question d’un journaliste cherchant à savoir si les conclusions sont plus proche d’une coalition ou de la tenue de nouvelles élections, Celik a expliqué que les discussions se poursuivent sous le principe selon lequel "tant qu’il n’y a pas d’accord final, il n’y a pas d’accord".
«Ce n’est pas une question arithmétique, a-t-il répondu. Tant que les deux leaders ne sont pas arrivés à une conclusion commune, validée par les instances décisionnelles des deux partis, et jusqu’au moment où un accord sera trouvé sur tous les points, nous considérerons qu’il n’y a pas d’accord. En tant que politiciens, nous savons qu’il est préférable de ne pas faire de mesures sur un ‘coalitiononmètre’.»
Celik a précisé que les deux leaders ont évoqué toutes les formules possibles, y compris la formation d’un gouvernement temporaire pour préparer une nouvelle élection.
Pour répondre à une question sur les points d’accords et de désaccords, Celik a indiqué qu’il n’était pas judicieux de répondre par des thématiques trop larges, ajoutant que pour chaque chapitre, il existe des points d’accord et des points de désaccord.
Omer Celik a conclu en répétant une nouvelle fois que «tant que nous n’avons pas mis de point final (positif ou négatif), nous serons comme au premier jour.»