AA - Ankara
Le ministre turc de la Santé, Mehmet Muezzinoglu, a déclaré que si la Turquie est confrontée au terrorisme et à d’autres problèmes de la région, c’est parce que certains ne veulent pas que ce pays soit un Etat fort.
Muezzinoglu a répondu, mardi, aux questions des éditorialistes de l’Agence Anadolu, notamment sur les questions de terrorisme mais aussi sur le projet de nouvelle constitution.
Pour le ministre, tant à l’intérieur du pays qu'à l’étranger, «une structure» s'évertue à couper la route au peuple turc.
"A l'intérieur même du pays, et au niveau international, il y a une structure qui ne veut pas que la Turquie soit un Etat fort. Cette même structure, s'en prend à la Turquie depuis 150 ans", a-t-il affirmé.
Selon lui, le PKK n’est pas une organisation qui cherche à défendre la cause kurde, mais c’est un pion manipulé par certaines puissances pour freiner ou empêcher l’avancée de la Turquie.
Muezzinoglu est également revenu sur la polémique déclenchée par les propos des dirigeants du Parti Démocratique des Peuples (HDP) en faveur d’une autonomie ou d’une indépendance de la région du sud-est de la Turquie.
«Notre peuple et notre Etat sauront répondre à ceux qui cherchent à briser leur unité et leur fraternité, à ceux qui parlent d’autonomie ou de cantons indépendants», a-t-il lancé.
Pour Muezzinoglu, il est légitime que la justice s’attarde sur ces déclarations qui vont à l’encontre des lois et mettent en péril l’unité de la Turquie.
Le ministre de la Santé s’est, par ailleurs, attardé sur les travaux entrepris par le Premier ministre Ahmet Davutoglu en vue de trouver un consensus avec les partis de l’opposition pour la rédaction et l’adoption d’une nouvelle constitution pour la Turquie.
«En ce début de la nouvelle année, nous souhaitons rester optimistes et ne pas utiliser des propos négatifs, nous voulons croire que si il y a de la bonne volonté, nous pourrions avancer», a-t-il dit.
Muezzinoglu a saisi l'occasion pour critiquer les approches de l’opposition trop attachées à des conditions «immuables».
Les déclarations du genre «s'ils viennent avec telle ou telle proposition, ils n’ont pas besoin de se fatiguer» ou «nous ne discuterons jamais de ce sujet» sont à éviter, selon le ministre.
Le gouvernement et l’opposition ne partagent pas la même idée concernant le changement de système en Turquie. Le pouvoir défend le passage à un régime présidentiel, alors que les autres partis veulent renforcer le régime parlementaire.
«Si la Turquie veut atteindre ses objectifs pour le centenaire de la République en 2023 et devenir une puissance régionale et mondiale, elle doit adopter un régime présidentiel. La Turquie aurait pu choisir ce modèle depuis la présidence du défunt Turgut Ozal. Si elle l’avait fait, elle aurait été à une toute autre place aujourd’hui», a-t-il soutenu.
Pour conclure, le ministre de la Santé a soutenu que le régime présidentiel est le seul modèle qui peut garantir la stabilité de la Turquie et lui ouvrir le chemin de l’avenir.