AA - Kocaeli - Nur Gülsoy
L'opération menée contre l'organisation parallèle n'est pas une question de liberté de presse, a déclaré le président turc, Recep Tayyip Erdogan dans un discours, prononcé lundi, lors d'une cérémonie d'inauguration à Kocaeli (près d'Istanbul, région de Marmara).
"Nous ne capitulerons pas devant ceux qui essaient encore d'orienter la Turquie par de fausses manchettes et des opérations qui visent à manipuler l'opinion publique, à l'intérieur et à l'extérieur du pays", a déclaré Erdogan." L'opération n'est pas une question de liberté de la presse. C'étaient eux [l'organisation parallèle] qui avaient détenu 122 personnes, dont un malvoyant, soi-disant leur dirigeant. L'opération dérive de la plainte déposée par ces personnes et [l'organisation parallèle] paie le prix de ses actes" a-t-ilprécisé.
Le président turc a ajouté: "J'espère que les médias se débarasseront de ces sales relations le plus vite possible, et se sauveront de cette tutelle dangereuse. Ceux qui capitulent devant ces sales milieux sont condamnés à perdre devant le peuple. Le peuple ne croit pas aux chantages, aux menaces et aux complots qu'exercent des milieux internationaux sur notre pays."
"A l'intérieur et à l'extérieur du pays, certaines réactions contre l'opération lancée par des procureurs indépendants dans un cadre totalement légal, dépassent leur objectif et la bienveillance et révèlent des intentions cachées, a fait remarquer le président turc. Les acteurs de l'ancienne Turquie essaient tous ensemble de faire pression sur nos procureurs, juges et forces de sécurité. Aussitôt que des avancées sont faites, l'UE se prononce dessus. D'où découlent-ils, ces commentaires? Que sait-on déjà? s'est interrogé le président Erdogan qui a déclaré en outre: " Je prie l'Union européenne (UE) de ne pas chercher à intervenir dans l'avancée que nos forces de sécurité et notre système judiciaire ont réalisées contre des éléments qui menacent notre sécurité nationale. Je l'invite à s'occuper de ses affaires."
Erdogan a par ailleurs, assuré que "les développements positifs dans le pays, marquent un processus de normalisation et de germination de la nouvelle Turquie. Ceux qui s'adonnent à des sales besognes ou entrent dans des mauvaises alliances en vue de rétablir l'ancienne Turquie auront leur réponse."
La police a mis en garde à vue dimanche le rédacteur en chef du quotidien Zaman Ekrem Dumanli avec 26 autres personnes détenues dans l'ensemble de la Turquie dans le cadre d'une opération contre "l'organisation parallèle".
L'organisation parallèle, selon le gouvernement turc, est un réseau de bureaucrates et de hauts responsables étatiques turcs proches de la personnalité religieuse Fethullah Gülen, "ancré" de manière méthodique dans les arcanes de l’Etat, tout particulièrement, au sein des institutions de la justice et de la sécurité, qui œuvrerait à saper le gouvernement.
Le ministre de l'Economie, Zafer Caglayan, le ministre de l'Intérieur Muammer Guler et le ministre de l'Environnement et du Développement urbain, Erdogan Bayraktar, avaient démissionné de leurs postes après une affaire de corruption révélée le 17 décembre 2013. Le ministre des Affaires de l'Union Européenne Egemen Bagis a, lui, perdu son poste lors du remaniement ministériel du 25 décembre 2013.
Des représentants du gouvernement turc accusent certains procureurs et employés de la police qui avaient mené l'enquête dans l'affaire de corruption du 17 et du 25 décembre, d'être en relation avec l'organisation parallèle pour des buts d'espionnage. Quatre ministres avaient alors été accusés de corruption et contraints de démissionner.