AA - Washington - Bilal Muftuoglu
Les Etats-Unis ont affirmé dimanche ''suivre de près'' la vague d'arrestations du 14 décembre contre des journalistes et policiers en Turquie, exhortant le gouvernement à respecter la liberté des médias.
Un total de 27 personnes ont été placées en garde à vue dans l'ensemble de la Turquie dans le cadre d'une opération contre ''l'organisation parallèle'', dont le rédacteur en chef du quotidien Zaman, Ekrem Dumanli, Hidayet Karaca, président-directeur général du groupe Samanyolu Media, Salih Aslan, Engin Koc et Makbule Cam Alemdag, les créateurs des séries télévisées sur Samanyolu.
''Il semble que les médias ouvertement critiques du gouvernement turc actuel sont parmi les cibles de ces actions de la police turque'', a noté la porte-parole de la Maison Blanche Jen Psaki.
''La liberté des médias, le droit à une procédure équitable et l'indépendance judicaire sont les éléments primordiaux de chaque démocratie saine et elles sont inscrites dans la constitution turque, a-t-elle ajouté. En tant qu'ami et allié de la Turquie, nous exhortons les autorités turques à veiller à ce que ces actions ne soient pas en violation des valeurs fondamentales et les fondements démocratiques de la Turquie''.
Toutes les personnes détenues seraient affiliées au mouvement Gülen mené par la personnalité religieuse turque Fethullah Gülen, en exil volontaire aux Etats-Unis.
L'organisation parallèle, selon le gouvernement turc, est un réseau de bureaucrates et de hauts responsables étatiques turcs proches de la personnalité religieuse Fethullah Gülen, ''ancré'' de manière méthodique dans les arcanes de l’Etat, tout particulièrement, au sein des institutions de la justice et de la sécurité, qui œuvrerait à saper le gouvernement.
Le ministre de l'Economie, Zafer Caglayan, le ministre de l'Intérieur Muammer Guler et le ministre de l'Environnement et du Développement urbain, Erdogan Bayraktar, avaient démissionné de leurs postes après une affaire de corruption révélée le 17 décembre 2013. Le ministre des Affaires de l'Union Européenne Egemen Bagis a, lui, perdu son poste lors du remaniement ministériel du 25 décembre 2013.
Des représentants du gouvernement turc accusent certains procureurs et employés de la police qui avaient mené l'enquête dans l'affaire de corruption du 17 et du 25 décembre, d'être en relation avec l'organisation parallèle pour des buts d'espionnage. Quatre ministres avaient alors été accusés de corruption et contraints de démissionner.