AA - Ankara - Nur Gülsoy
"Les médias peuvent informer et critiquer, mais qu'ils ne se mettent pas à diriger", a réclamé le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu dans une une interview accordée mardi, aux chaînes de télévision turque, A Haber et ATV, en émission conjointe.
"Certains cherchent une période transitoire en Turquie d'où ces débâts de coalition maintenant. Certains cherchent l'état psychologique qui prévaut lors de la transition, et visent à fragiliser la Turquie. Une structure fragile nous nuirait beaucoup. Dans notre campagne électorale, nous cherchons à empêcher toute tentative de fragilisation. Vous vous imaginez, un organe de presse qui s'adresse au président de la République et à moi ! La situation politique n'est plus dirigé par les médias en Turquie. Les médias peuvent informer et critiquer, mais qu'ils ne se mettent pas à diriger."
Une polémique a éclaté entre Erdogan et le quotidien Hurriyet appartenant au groupe de médias Dogan, après l'annonce par le journal de la condamnation à mort du président égyptien destitué Mohamed Morsi, sous le titre: "Un président élu par 52% des voix du peuple est condamné à mort". Le chef de l'Etat turc, élu lui même directement par le peuple, s'en est pris à cette manchette.
- Elections législatives du 7 juin prochain
Davutoglu a aussi dit que le but du Parti pour la Justice et le Développement (AK Parti) est d'arriver au pouvoir et que c'est le critère de réussite.
"Je préfère ne pas en discuter alors que les élections s'approchent, a-t-il affirmé. Nous n'avons pas une limite pour les voix. Nous ne sommes pas comme le Parti républicain du peuple (CHP, opposition). Le succès est d'arriver au pouvoir. Selon les sondages réalisés jusqu'à présent, nous ne constatons aucun problème. Mais notre objectif est d'obtenir davantage de voix et de former le pouvoir le plus fort."
- Les dénonciations d'organisation parallèle au sein des Forces armées turques
Le Premier ministre a abordé les dénonciations des personnes suspectées d'être membres de l'organisation parallèle au sein des Forces armées turques.
Le ministre de la Défense avait déclaré, la semaine dernière, que "plus d'un millier de personnes ont été dénoncées, et qu'une enquête administrative et une autre par le Parquet militaire d'Etat-major ont été lancées."
Davutoglu a dit, pour sa part: "Ces chiffres représentent des dénonciations. Il est incorrect de dire que 'tant d'officiers sont membres de l'organisation parallèle'. Ce n'est , d'ailleurs, pas ce que voulait dire le ministre de la Défense."
Un réseau d' "organisation parallèle" dirigé par le mouvement de Fethullah Gülen, personnalité religieuse en exil volontaire aux Etats-Unis, aurait infiltré l'Etat turc afin de renverser le gouvernement.
Des bureaucrates proches de ce mouvement sont accusés d'avoir pris part dans la mise sur écoute illégale de plusieurs personnalités en Turquie, dont les téléphones protégés des hauts dirigeants de l'Etat. C'est ainsi que des allégations de corruption impliquant des ministres, avaient émergé en décembre 2013.
En outre, des représentants du gouvernement turc accusent certains procureurs et des employés de la police qui avaient mené l'enquête dans l'affaire de corruption du 17 et du 25 décembre 2013, d'être en relation avec l'organisation parallèle pour des buts d'espionnage.