AA - Ankara - Bilal Muftuoglu
''Cette femme a-t-elle commis cette attaque contre l'une des principales destinations touristiques de la Turquie, pour empêcher l'arrivée des touristes, pour prouver que ces endroits ne sont pas sécurisés?'', s'est interrogé le président turc Recep Tayyip Erdogan en parlant de l'attentat-suicide perpétré mardi soir par une jeune femme au centre historique d'Istanbul.
Présidant la cérémonie d'inauguration des travaux du nouveau campus de l'Université Yildirim Beyazit à Ankara, Erdogan a abordé l'attentat meurtier de mardi et fait le bilan, entre autres, de l'état de l'enseignement supérieur en Turquie.
''Comment cette femme a-t-elle été élevée? Comment est-elle devenue ainsi? Que gagne-t-on à faire ça? Quelle était la faute de notre frère Kenan?'', a poursuivi Erdogan faisant référence au policier Kenan Kumas mort lors de l'attentat.
Erdogan a évoqué à cet égard un attentat similaire qui avait visé le palais de Dolmabahce à Istanbul six jours auparavant.
S'adressant au groupe terroriste revendiquant l'attentat, il a souligné qu'ils ne parviendront pas à ''imposer leur idéologie par ce genre d'attaques''.
''Nous souhaitons voir des jeunes qui contribuent au développement et à la croissance de la Turquie et non pas ceux qui s'autodétruisent dans des polémiques des affaires politiques au quotidien'', a-t-il poursuivi.
Le gouvernement turc s'engage à faire cesser les activités des groupes extrémistes et de l'organisation parallèle au sein des universités, a fait savoir Erdogan. Ces derniers sont ''officiellement qualifiés de menace en accord avec les institutions publiques, pour l'existence de notre Etat et de notre peuple'', a-t-il ajouté.
L’attentat-suicide, qui a eu lieu à 17h00 (15h00 GMT) mardi, a ciblé le siège de la police touristique située dans une rue donnant sur la place de Sultanahmet, quartier historique de la ville d’Istanbul.
Un autre attentat manqué avait ciblé le palais de Dolmabahce à Istanbul la semaine dernière. Un homme avait lancé deux grenades artisanales contre des policiers devant le palais. Des engins qui n’avaient toutefois pas explosé.
D'autre part, abordant les frappes aériennes en Syrie et en Irak menées par la Coalition internationale contre l'EIIL, Erdogan a affirmé qu'elles ne ''sont pas suffisantes''. Relevant à cet égard les aspirations du PKK et du Parti de l'Union démocratique (PYD), il a dit: ''Le PKK et le PYD sont deux organisations identiques qui cherchent à fonder un Etat au nord de la Syrie. La Turquie ne peut pas pencher pour cette option''.