Erdal Türkoğlu,Nur Asena GÜLSOY
26 Mars 2016•Mise à jour: 27 Mars 2016
AA - Hatay (Turquie)
Les forces russes se sont retirées des airs mais sont encore présentes sur le sol syrien, a déclaré le Secrétaire général de l'Association des Turcs de Syrie, Ahmed Vezir.
Interviewé par l'Agence Anadolu (AA), Ahmed Vezir a commenté le retrait de l'armée russe de la Syrie et le conflit interne dans le pays.
"Le retrait n'a été effectué que dans les airs pour l'instant, a-t-il affirmé. Les Russes dirigent la guerre dans les zones du mont Turkmène et de Djabal Akrad."
Vezir a rappelé que le président syrien Bachar al-Assad a une fois quitté son pays pour rendre visite en Russie, en octobre dernier. Selon Vezir, ce n'est pas une visite ordinaire: "Le régime d'al-Assad était presque tombé. Le transfert de la Syrie aux mains du président russe [Vladimir] Poutine se cachait derrière cette visite. Car aucun dirigeant ne quitterait son pays au cours d'une guerre. Soit il mourrait, soit il voudrait se cacher quelque part, soit il vendrait le pays aux étrangers."
Le Secrétaire général de l'association a insisté que les forces russes sont entrées en Syrie environ un mois après cette visite, et ont complètement dominé la guerre à partir de cette date.
Pour Vezir, d'autres raisons expliquent la décision de Moscou de diminuer le nombre de ses troupes en Syrie.
"Nous n'avons jamais cru à ce retrait, a-t-il dit. Après cette décision, les forces russes ne nous ont pas attaqués depuis les airs, mais elles demeurent présentes sur le sol. Moscou a dû prendre une telle décision pour tromper la communauté internationale, à cause des critiques. Le mont Turkmène est attaqué chaque jour depuis l'accord de la cessation des hostilités. Les villages turkmènes sont détruits. La Russie déclare se retirer. Al-Assad n'a pas d'usines d'armes. D'où viennent ces armes alors? La Russie a totalement pris le contrôle de la guerre et est responsable du sang versé."
Vezir a déclaré ne plus faire confiance à la communauté internationale, dans le cadre des négociations sur l'avenir du pays.
Les Etats-Unis et la Russie, co-présidents du Groupe international de Soutien à la Syrie, avaient annoncé, le lundi 22 février, un accord de "cessation des hostilités" en Syrie qui n'englobe pas Daech et le Front al-Nosra ainsi que toutes les organisations terroristes classées comme telles par les Nations Unies (ONU).
L'accord est entré en vigueur dans la nuit du 26 au 27 février. L'accord a cependant été violé plusieurs fois.