AA/ Le Caire/ Hajer Dessouki
Le ministre égyptien des Affaires étrangères Sameh Chokri a dénoncé les déclarations du premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan sur le président égyptien Abdelfattah Al Sissi, estimant qu’il s’agit de "propos qui violent les usages diplomatiques en vigueur".
C’était lors d’un point de presse commun tenu, vendredi, au Caire, entre le ministre égyptien des Affaires étrangères et son homologue italienne Federica Mogherini.
Commentant les propos d’Erdogan, le chef de la diplomatie égyptienne a affirmé que ces déclarations sont "absolument inacceptables et ne sont pas dignes d’un Etat de l'envergure de la Turquie".
"Ces déclarations violent de manière flagrante les usages diplomatiques en vigueur et procèdent d'un manque de prise de conscience de la situation en Egypte, de même qu'elles négligent la volonté du peuple égyptien qui a élu le président Al-Sissi à une majorité écrasante ».
Et le ministre de poursuivre "qu’il ne va pas aborder un sujet sur lequel il importe de ne pas revenir".
« Le peuple égyptien est profondément convaincu que les raisons qui sous-tendent une telle réaction inhabituelle et hors de propos n’ont aucun rapport avec les évènements à Gaza et ne peuvent aucunement aboutir à préserver les vies des gazzouis », a regretté Chokri.
« Il est aurait été plus opportun au premier ministre turc d’agir activement auprès des différentes parties en vue de parvenir à un cessez-le-feu et sauver les vies des innocents au lieu de faire du sang palestinien, objet de manipulation politicienne », a-t-il préconisé.
En réaction aux accusations égyptiennes portées, jeudi, à l’axe tripartite de Hamas,Turquie et Qatar de « vouloir saborder l’initiative égyptienne sur Gaza », Erdogan a riposté que ces accusations sont "les bienvenues, tant qu'elles émanent d’Israël ou d’Al-Sissi".
« Al Sissi est-il partie prenante ou pas ? Ce n’est qu’un despote qui bloque l’accès des aides humanitaires à la bande de Gaza sur ordres et en étroite coordination avec Israël", a estimé Erdogan.
Répondant à une question sur le « rôle égyptien » dans la crise de Gaza, le premier ministre turc a rétorqué « ils veulent accorder au régime égyptien une légitimité qui n’est pas la sienne, dès lors qu’il est le produit d'un pur et simple coup d’état ».
L’Egypte avait annoncé, lundi dernier, une initiative de cessez-le-feu à Gaza prévoyant "un arrêt des hostilités entre Israël et les factions palestiniennes, l’ouverture des points de passage frontaliers et la facilitation de la liberté de circulation de biens et des personnes via les points de passage, à la lumière de l'évolution de la situation sécuritaire sur le terrain ».