AA - Ankara - Nur Gülsoy
Le souci unique de la diaspora arménienne est de "se venger", selon le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu.
Le chef de gouvernement a accordé une interview à la chaîne de télévision turque Kanal 24, mardi.
"Nous n'agirons pas de la même façon envers ceux qui agissent avec des préjugés ou l'orgueil, mais nous répliquerons, a-t-il déclaré. Les parties tiers rouvrent le sujet constamment. Le souci unique de la diaspora arménienne est de se venger."
"Adoptons une approche qui ne commente pas les souffrances d'une seule perspective unilatérale, mais qui les partage toutes, a poursuivi Davutoglu. Nous avons une approche visant la compréhension mutuelle et la construction d'un avenir à travers ce partage. Pour dire autrement, comprenons bien l'histoire, reflétons de manière pacifique à la politique et édifions l'avenir ensemble. C'est l'approche officielle de la Turquie."
Davutoglu a insisté que les relations entre la Turquie et l'Arménie ne relèvent pas uniquement des événements de 1915, et qu'il est "impossible de satisfaire la diaspora."
Les allégations arméniennes sur les événements de 1915 font l'objet de plusieurs débats, surtout à l'approche du 24 avril, date marquant, pour les Arméniens, le centenaire de ces événements.
Le Parlement européen a adopté la semaine dernière une résolution non contraignante mais symbolique, en faveur des allégations arméniennes.
"Le Parlement européen apprécie le message qu'a délivré le Pape François le 12 avril à l'occasion du centenaire du génocide arménien, dans un esprit de paix et de réconciliation", lit-on dans la déclaration qui qualifie de "génocide" les événements de 1915.
Une messe avait été organisée le 12 avril à la basilique Saint-Pierre à Rome, "à la mémoire des Arméniens qui ont perdu la vie en 1915" en présence du président arménien Serge Sarkissian.
Le Pape François avait déclaré durant cette messe que "l'humanité a connu trois grandes tragédies au siècle dernier, dont celle considérée comme le premier génocide du XXème siècle, et qui a visé (...) les Arméniens."
Les dirigeants de l'Etat turcs ont qualifié ces propos et cette résolution de "nuls et non avenus".