AA - Ankara - Nur Gülsoy
Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a présenté les candidats et la déclaration électorale du Parti pour la Justice et le Développement (AK Parti), pour les élections législatives du 7 juin prochain.
Le chef du gouvernement a prononcé un discours au cours d'une cérémonie organisée mercredi à Ankara, en présence d'environ quinze mille personnes. Il a ainsi lancé la campagne électorale de l'AK Parti.
Après avoir présenté son parti, ses oeuvres et ses objectifs, Davutoglu a critiqué le co-président du Parti démocratique des peuples (HDP-opposition), Selahattin Demirtas et le président du Parti républicain du peuple (CHP- opposition), Kemal Kilicdaroglu, avant de commenter les propos du Pape François soutenant les allégations arméniennes de génocide.
Le Premier ministre a rappelé que "des procès de dissolution du parti ont été ouverts, des sabotages d'enregistrements audio ont été planifiés, ainsi que des provocations de Gezi et de 17-25 décembre, contre AK Parti, et ce, durant les 13 ans que le parti a passé au pouvoir".
"Si le HDP est un parti politique démocratique, si Demirtas en est le co-président, alors qu'il dise qu'il 'rejette toute pression, y compris armée, durant la campagne électorale et le jour de l'élection, et qu'il résiste aux tentatives de pression des terroristes dans les villages', a déclaré Davutoglu. À ce moment là, nous nous mettrons d'accord sur la démocratie."
Il s'est ensuite adressé à Kemal Kilicdaroglu: "Que dites-vous face à notre déclaration électorale détaillée et notre nouveau contrat social? Vous ne pouvez pas résoudre cette affaire par des propagandes qui vous viennent des Etats-Unis."
- Centenaire des événements de 1915
Davutoglu a assuré être prêt "à discuter des événements historiques, mais ne pas permettre qu'on insulte le peuple turc à travers l'histoire et qu'on fasse du chantage à la Turquie sous prétexte de débats historiques."
Les allégations arméniennes sur les événements de 1915 font l'objet de plusieurs débats actuellement, surtout à l'approche du 24 avril, date marquant, pour les Arméniens, le centenaire de ces événements.
Une messe avait été organisée dimanche dernier à la basilique Saint-Pierre à Rome, "à la mémoire des Arméniens qui ont perdu la vie en 1915" en présence du président arménien Serge Sarkissian.
Le Pape François avait déclaré durant cette messe que "l'humanité a connu trois grandes tragédies au siècle dernier, dont celle considérée comme le premier génocide du XXème siècle, et qui a visé (...) les Arméniens."
Les dirigeants de l'Etat turcs ont qualifié ces propos de "nuls et non avenus".