AA - Ankara - Bilal Muftuoglu
Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a annoncé vendredi que le processus de résolution de la question kurde n'est pas ''unidirectionnel'' et que toutes les parties concernées devront faire partie des négociations.
''Nous continuerons de déployer d'efforts en vue de collaborer avec toutes les parties et de mettre en place des réformes à l'échelle sociale'', a indiqué le Premier ministre lors d'une conférence de presse à la Direction des affaires religieuses.
Le processus de résolution évoqué par Davutoglu est une initiative lancée au début de l'an dernier par le gouvernement turc dans le but de résoudre définitivement le conflit de longue date avec le PKK, qui a coûté la vie à plus de 40 000 personnes.
Le PKK est désigné comme une organisation terroriste par la Turquie mais aussi par les Etats-Unis et l'Union européenne.
Davutoglu a réitéré la position ferme de son Conseil des ministres en vue de régler la question le plus tôt possible et d'éradiquer le terrorisme à l'est de la Turquie, une des ''priorités du nouveau gouvernement''.
''C'est un processus que nous avons lancé de notre propre initiative et nous le poursuivrons de même manière. Nous ne seront pas soumis à la position des autres quant à la détermination de son arrêt ou de sa poursuite'', a-t-il affirmé.
Interrogé sur les allégations de l'attribution d'un statut de ''négociateur officiel'' du dirigeant incarcéré du PKK, Abdullah Ocalan, le Premier ministre a souligné que les pourparlers du processus de résolution n'ont pas de destinataire ou sens unique. Toutes les parties devront, au contraire, y participer, a-t-il continué.
Davutoglu a rappelé que son gouvernement a entamé des rencontres régulières toutes les deux semaines avec le conseil récemment établi de processus de résolution, une nouvelle mesure gouvernementale, dans l’objectif d'orienter les efforts pour solutionner la question kurde le plus tôt possible.
Les manifestations illégales et meurtrières organisées la semaine dernière dans l'ensemble du pays, à la suite de l'occupation de la ville kurde de Kobané par l'EIIL en Syrie, viseraient à saper les progrès et briser la mentalité positive à l'est de la Turquie vis-à-vis le processus, selon Davutoglu.
Les manifestants pro-kurdes étaient descendus dans les rues sous prétexte que le gouvernement turc ne faisait rien pour entraver l'avancée des extrémistes vers la ville frontalière de Kobané, théâtre des conflits entre les groupes kurdes et les militants de l’EIIL.
Les manifestations violentes avaient coûté la vie à 34 personnes et à deux policiers. Un grand nombre de véhicules, de bâtiments officiels et de magasins avaient été incendiés et endommagés.
Le Premier ministre a mis en relief que si c'est son gouvernement seul qui prend des mesures, celles-ci ne suffiront pas de reconstruire l'atmosphère positive dans la région en ajoutant que la Turquie a besoin des ''sages pour élever la sensibilisation sociale et de la renforcer davantage''.
Il se référait au ''comité des sages'', un organe consultatif pour examiner les efforts en cours pour le processus de résolution.
A cet égard Davutoglu, rencontrera, dimanche, le comité "des sages", à l'office du Premier ministre au palais de Dolmabahce à Istanbul
Le comité des "sages" est composé de 63 personnes, dont des écrivains, des chroniqueurs, des académiciens, des acteurs/actrices et d'autres personnalités importantes d'origines religieuse et ethnique différentes et de convictions politiques divergentes.
Lors de la rencontre, le comité présentera un rapport au Premier ministre à propos des derniers évènements ainsi qu'une évaluation générale de l'évolution du processus.
La rencontre sera également l'occasion d'aborder les prochaines mesures à entreprendre.