AA - Ankara - Nur Gülsoy
Le blocage des chapitres de négociation sur l'énergie, dans le cadre de l'adhésion à l'Union européenne (UE) est très significatif, compte tenu des progrès qu'a réalisés la Turquie dans ce secteur, selon le président turc Recep Tayyip Erdogan.
Le chef d'Etat turc a prononcé un discours, mardi à Ankara, lors du Sommet sur les Marchés énergétiques, organisé conjointement par la présidence de l'Institut de régulation du marché de l'énergie (EPDK) et l'Association des experts de l'énergie, avec l'Agence Anadolu (AA) comme partenaire de communication globale.
"Malgré le niveau que nous avons atteint dans le domaine énergétique, je trouve très significatif que le chapitre de négociation sur l'énergie, dans le cadre de l'adhésion à l'UE, soient l'un des chapitres bloqués, a-t-il jugé. Lorsque nous leur demandons de dire ce qui manque, aucune réponse. (...) La Turquie est prête mais ils [les responsables de l'UE] ne le sont pas. Nous continuons à avancer suivant nos objectifs."
"Nous nous efforçons de toutes les manières pour que les (...) ressources énergétiques se transforment en sources de prospérité et pas de différend et de destruction", a poursuivi Erdogan, avant d'annoncer le lancement de la construction du projet de gazoduc trans-anatolien (TANAP) pour mars 2015.
"Compte tenu des facteurs démographiques et de la croissance économique, nous estimons un investissement de 120 milliards de dollars d'ici 2023", a précisé le président turc.
Recep Tayyip Erdogan a en outre commenté le sujet de la mise sur écoute de certains dirigeants d'Etat, qui a été dévoilé à la fin de 2013.
"Ce n'est pas pour rien qu'on ait mis sur écoute notre ministre de l'Energie et des Ressources naturelles, a-t-il lancé. J'estime qu'on ne peut pas qualifier d' 'efforts journalistiques', la diffusion au monde entier de bandes d'écoute sur les politiques énergétiques de la Turquie. Nous voyons bien que les milieux souhaitant étrangler la Turquie, se sont dirigés vers les finances, la construction, le secteur énergétique, et nos hommes d'affaires opérant dans ces domaines."
Le vrai visage des manifestations du parc Gezi et les affaires du 17 et 25 décembre, tout deux ayant ciblé l'économie et le gouvernement turcs, a été dévoilé, d'après le président qui a estimé en outre que les récentes manifestations observées à Cizre (district de la ville de Sirnak, sud-est), relèvent d'une tentative de mise en scène.
"Pouvez-vous imaginer, a-t-il interrogé que des individus vêtus de l'uniforme de l'Etat, et conduisant un véhicule blindé de cet Etat, déposent une bombe dans la rue. Dieu merci, un autre officier de l'Etat a pu les capturer. Nous savons très bien d'où découlent ces efforts d'identifier le terrorisme à notre pays, à l'échelle internationale."
Cizre a été le théâtre de manifestations à partir de fin décembre. Des membres de la branche jeunesse de l'organisation terroriste PKK avaient creusé des fossés autour du district, afin d'empêcher l'intervention des forces de sécurité. Des enfants ont péri durant les manifestations.