AA - Ankara
L'Arménie manipule l'opinion publique en présentant les événements de 1915 de manière partiale, selon le professeur turc Ibrahim Ethem Atnur, membre du Conseil scientifique de l'Institut turc de l'Histoire.
Interviewé par l'Agence Anadolu, le professeur Atnur a critiqué la résolution adoptée mercredi par le Parlement européen, en faveur des allégations arméniennes, insistant sur le fait que "cette position est inacceptable du point de vue académique".
"La partie arménienne manipule l'opinion publique, et essaie de faire admettre [les allégations] au monde entier comme des réalités, a déclaré le professeur. Malheureusement, l'aile politique qui les admet ou prétend admettre, nous les impose."
"En tant qu'académicien turc, je ne vois aucune archive inaccessible, a poursuivi Atnur. Est-ce que la partie arménienne ouvre les siennes, puis-je aller les étudier là-bas? Non, elles sont inaccessibles."
Selon Atnur, au stade actuel, la question a totalement dépassé la dimension académique et est devenue politique, et les relations turco-arméniennes ont été emprisonnées dans ces événements de 1915.
Les allégations arméniennes sur les événements de 1915 font l'objet de plusieurs débats, surtout à l'approche du 24 avril, date marquant, pour les Arméniens, le centenaire de ces événements.
Le Parlement européen avait adopté mercredi une résolution non contraignante mais symbolique, en faveur des allégations arméniennes.
"Le Parlement européen apprécie le message qu'a délivré le Pape François le 12 avril à l'occasion du centenaire du génocide arménien, dans un esprit de paix et de réconciliation", lit-on dans la déclaration qui qualifie de "génocide" les événements de 1915.
Une messe avait été organisée dimanche dernier à la basilique Saint-Pierre à Rome, "à la mémoire des Arméniens qui ont perdu la vie en 1915" en présence du président arménien Serge Sarkissian.
Le Pape François avait déclaré durant cette messe que "l'humanité a connu trois grandes tragédies au siècle dernier, dont celle considérée comme le premier génocide du XXème siècle, et qui a visé (...) les Arméniens."
Les dirigeants de l'Etat turcs ont qualifié tous ces propos de "nuls et non avenus".