AA - Ankara - Iskin Naz Altinsoy - Lorène Barillot
Le ministre des Affaires étrangères turc a déclaré que le territoire sur lequel se trouvait le mausolée du Shah Soliman, à Alep, appartenait à la Turquie selon le droit international, et a indiqué qu'il n'y avait pas de transgression du territoire pour l'instant mais que les forces armées turques étaient prêtes à répondre à une éventuelle agression.
Ahmet Davutoglu a répondu aux questions sur les dernières évolutions du mausolée dans une conférence de presse conjointe après une réunion avec ses homologues iranien et azéri.
"Nous sommes prêts à prendre les mesures nécessaires lors d'une éventuelle transgression", a-t-il affirmé à propos du mausolée du Shah Soliman, le grand-père d'Osman 1er, fondateur de l’Empire Ottoman.
D’après la convention d’Ankara conclue avec la France et la Convention de Lausanne, ce mausolée et la tour qui s’y attache font partie du territoire turc.
"Ces terres sur lesquelles se trouve le mausolée du Shah Soliman appartiennent au sol turc conformément au droit international et au vu de la Convention de 1921", a rappelé Ahmet Davutoglu an ajoutant qu'il s'agissait du seul territoire transfrontalier turc.
"A cet effet, la Turquie a le droit de prendre toutes les mesures nécessaires pour sa protection et sa continuité", a-t-il déclaré tout en avertissant les éventuels agresseurs que la Turquie n'hésiterait pas à répondre en réciprocité à toute attaque, sans distinction de leur source.
"D'ailleurs nos forces armées attendent à la frontière syrienne, elles sont prêtes en raison de la crise de sécurité", a-t-il affirmé pour certifier que les autorités turques avaient pris les mesures de sécurité adéquates en prévoyant toutes les éventualités.
Le ministre turc a affirmé que les événements en Syrie étaient suivis avec inquiétude. Il a souligné que le vide de pouvoir et d'autorité engendré par le régime syrien était transformé en une réelle crise de sécurité. Il a ajouté que certains groupes radicaux avaient concentré leurs activités terroristes dans le nord du pays.
"Ce qui est surprenant, c'est la coopération entre ces groupes qui mènent des activités terroristes et le régime syrien", a fait remarquer Ahmet Davutoglu en indiquant que ces groupes marginaux amplifiaient la pression sur le peuple au Nord et s'orientaient vers un combat avec l'Armée syrienne libre (ASL) sans se heurter avec le régime.
Le ministre a affirmé que l'ASL s'affrontait avec les forces du régime syrien et le groupe terroriste dit "État islamique en Irak et au Levant (EIIL). Il a dénoncé une tentative de l'EIIL d'occuper le territoire encerclant le mausolée du Shah Soliman lors de ces affrontements.