AA – Ankara – Naz Altinsoy
"Prétendre qu’une élection présidentielle est possible en Syrie, compte tenu des conditions actuelles, revient à se moquer du monde entier," a affirmé le ministre des Affaires étrangères turc Ahmet Davutoglu, le jeudi 15 mai, à l’occasion de la réunion du Groupe des amis de la Syrie.
Il a rappelé qu'un gouvernement de transition prévu par l'accord de Genève I n'avait pas été mis en place et que la moitié de la population syrienne était actuellement déplacée.
Les ministres des Affaires étrangères des onze États – Allemagne, Arabie Saoudite, Egypte, Emirats arabes unies, Etats Unies, France, Italie, Jordanie, Qatar, Royaume Unie, Turquie – formant le Groupe des amis de la Syrie, se sont réunis hier à Londres en présence d’Ahmad Jarba, chef de l’opposition syrienne pour dénoncer l’élection présidentielle syrienne prévue pour le 3 juin.
"L’élection présidentielle à venir est d’ores et déjà proclamée nulle et non avenue par cette réunion", a déclaré Davutoglu au correspondant de l’Agence Anadolu.
Le ministre turc a également indiqué que le régime syrien était encouragé par l’attitude de la communauté internationale qui laisserait penser que le conflit syrien était mis de côté face à la crise ukrainienne.
L’annonce du scrutin présidentiel affirmerait le refus d’une solution politique, a-t-il indiqué, ajoutant que les parties de l'accord de "Genève I" s’étaient convenus sur l'instauration d’un gouvernement transitoire avant d’aller aux élections. Il a qualifié cet attitude du régime syrien de "provocateur".