AA - Ankara - Nur Gülsoy
La Turquie n'est pas le "bouc émissaire" de l'Europe, a déclaré le président turc Recep Tayyip Erdogan, lors du Symposium intitulé : "De nouveau, la Grande Turquie", organisé, vendredi,, dans la capitale Ankara.
"Nous ne sommes pas le bouc émissaire de l'Europe", a-t-il dit, ajoutant que "Nous ne sommes pas un pays que l'Europe critique arbitrairement, sans faire d'auto-critiques, ou un pays qu'elle peut gronder, surtout pas. Ce n'est plus l'ancienne Turquie. Il y a désormais de nouveau la Grande Turquie".
"Ils [les pays européens] doivent d'abord laver leurs mains du sang des journalistes tués. Ils doivent d'abord se critiquer eux-mêmes. Sinon, ils ne feront rien d'autre que de nuire à leur propre prestige à travers leurs rapports, déclarations et manchettes.", a martelé Erdogan.
"Au lieu de nous critiquer, j'invite l'Union européenne à résoudre les meurtres non élucidés", a insisté Erdogan.
Erdogan a fait observer que "Nous avons mis en oeuvre nos réformes et nous poursuivrons ainsi. Que l'Europe se rende compte qu'elle recule, tandis que la Turquie progresse vers des standards avancés."
Le chef d'Etat turc a, aussi, commenté l'opération menée contre l'organisation parallèle.
"Les journalistes arrêtés dans le cadre de cette opération sont en effet ceux qui s'efforçaient de constituer une organisation illégale", a-t-il précisé.
"Les journalistes ne commettent-ils pas de délits ou de crimes? S'ils en commettent, ils doivent payer le prix. (...) N'oubliez pas que la sale lutte menée par ceux qui trahissent leur patrie, sous couvert de rendre 'service', est une lutte qui vise à ressusciter l'ancienne Turquie", a-t-il encore lâché.
La police avait mis en garde à vue le 14 décembre courant 27 individus dans l'ensemble du territoire turc, dans le cadre d'une opération contre "l'organisation parallèle".
Le procureur de la République a accusé, notamment, ces personnes, de falsification des documents officiels, de fabrication de preuves, de formation d'une présumée organisation criminelle par la force et d'atteinte à la souveraineté de l'Etat.
Un réseau de bureaucrates et de hauts responsables étatiques turcs, que le gouvernement actuel considère comme proches de la personnalité religieuse Fethullah Gülen, œuvrerait à saper le gouvernement en s'ancrant de manière méthodique dans les arcanes de l’Etat, tout particulièrement, au sein des institutions de la justice et de la sécurité. Le gouvernement actuel appelle ce réseau "Organisation parallèle".