Kurbani Geyik,Nur Asena GÜLSOY
31 Mai 2016•Mise à jour: 01 Juin 2016
AA – Izmir – Nur Gülsoy
Le président de la République turque, Recep Tayyip Erdogan s'est interrogé sur "les pas" qu'attend Moscou de la Turquie pour normaliser les relations.
Le chef de l'État turc a tenu une conférence de presse, mardi à l'aéroport d'Adnan Menderes à Izmir (ouest), avant son départ en Ouganda.
«J'estime que nous devons réfléchir pour améliorer et développer les relations avec la Russie, a affirmé Erdogan. Nous devons faire des efforts pour que nos relations soient meilleures qu'avant. J'espère que le problème sera surmonté.»
Une crise était survenue lorsqu'un chasseur russe a violé l'espace aérien turc au niveau de la frontière syrienne, malgré plusieurs avertissements. Les avions turcs ont abattu le jet russe. Moscou a alors vivement réagi en imposant des sanctions notamment économiques et commerciales à la Turquie.
Samedi dernier, le président russe Vladimir Poutine a déclaré, lors d'une visite à Athènes, qu'il attend des pas de la part d'Ankara pour normaliser les relations.
«Je me demande maintenant quels pourraient être ces pas, j'ai du mal à comprendre», a lancé Erdogan, ajoutant: «La Turquie n'est pas coupable et ne veut absolument pas couper ses relations avec la Russie. Je me demande pourquoi nos relations avec Poutine, qui étaient si bonnes et amicales, ont tellement changé à cause de l'erreur d'un pilote.»
Interrogé sur l'éventuelle reconnaissance du parlement allemand des allégations arméniennes, considérant les événements de 1915 comme "génocide", le président turc a préféré garder son silence «pour un sujet qui n'est pas terminé encore».
Il a cependant précisé que «'adoption d'un tel projet [de résolution] dans un pays qui abrite plus de trois millions de Turcs nuira certainement à nos relations économique, commerciale, politique et militaire – en plus du fait que nous soyons deux pays alliés de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN)».
Si le projet est adopté par le parlement allemand, l'État turc l'évaluera et fera le nécessaire, mais de toute façon, le projet n'est pas contraignant en terme de droit international, a ajouté Erdogan.