AA - Ankara - Nur Gülsoy
La Turquie n'a pas vendu de carburant d'aviation à Israël et son radar installé à Kürecik ne fournit aucun renseignement à ce pays, a affirmé le Bureau du Coordinateur de la Diplomatie publique (KDK), rattaché au bureau du Premier ministre turc.
Le Bureau du Coordinateur de la Diplomatique publique turque a publié, mercredi, un rapport donnant des explications sur les récentes affirmations concernant la crise à Gaza.
Ce rapport dément les affirmations que la Turquie aurait vendu du carburant d'aviation à Israël, qu'elle aurait partagé des renseignements avec ce pays via le radar installé par l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN) à Kürecik (ville de Malatya, dans l'est de la Turquie), et qu'elle aurait encouragé Israël à adhérer à l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).
La Turquie a également réfusé l'adhésion d'Israël au "groupe de l'Ouest" de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
Selon le rapport du KDK, les gouvernements turcs ont tenu compte de la politique israélienne envers le peuple Palestinien, du processus de paix et du droit international, lorsqu'ils ont défini la politique à mener envers Israël.
Ainsi, ajoute la rapport, la Turquie a plusieurs fois suspendu ses relations avec Israël pendant les crises impliquant la Syrie, Jérusalem ou les Palestiniens, car elle soutient la liberté du peuple palestinien et la paix au Moyen-Orient.
Le rapport souligne que la Turquie n'a conclu aucun accord énergétique ou de défense avec Israël, lui permettant de vendre du carburant d'aviation, à moins que ce ne soit un accord d'aviation civile qui autorise mutuellement à fournir du carburant pour les avions civils.
La Turquie n'a pas vendu le pétrole de la région autonome d'Irak du nord (IKBY) à Israël. Elle a le droit uniquement de stocker le pétrole fournit par l'IKBY et le transférer aux marchés internationaux.
Selon le KDK, le renforcement du commerce turco-israélien est dans l'ordre des choses, car la Turquie est un pays qui s'affirme davantage sur la scène internationale. À noter que les indices du commerce cachent la réalité qu'une partie de l'échange commercial est effectué à travers Israël à cause de l'ambargo sur la Palestine.
Le rapport indique également l'impossibilité technique du partage du renseignement avec Israël: "le système du radar à Kürecik ne peut pas assurer la protection d'un pays non allié de l'OTAN, de plus que les renseignements obtenus ne peuvent pas être partagés avec un pays qui n'a pas le statut d'allié."
Concernant l'adhésion d'Israël au groupe de l'Ouest de l'AIEA, le rapport précise: "Israël est membre de l'AIEA depuis 1957 et la Turquie n'a pas approuvé son adhésion au groupe de l'Ouest."
Le KDK rappelle qu'Israël a intégré l'OCDE avant l'attaque du Mavi Marmara le 31 mai 2010. L'adhésion a eu lieu en 2007, et dans le contexte d'alors, la Turquie soutenant la restructuration et l'élargissement de l'organisation, "n'avait constaté aucun problème dans l'adhésion d'Israël, ainsi que de l'Estonie et de la Slovénie."
Le Bureau du Coordinateur de la Diplomatie publique turque a assuré que la Turquie soutient les efforts pour un cessez-le-feu et reaffirme sa solidarité avec le peuple palestinien et que les responsables de l'Etat turc mène les entretiens nécessaires pour la conclusion d'un accord durable.
La Turquie distingue les juifs turcs des politiques agressives et expansionniste de l'Etat d'Israël, souligne le rapport.