Yıldız Aktaş,Mümin Altaş,Aynur Ekiz,Ayşe Betül Gedikoğlu
23 Mars 2017•Mise à jour: 23 Mars 2017
AA - Ankara (Turquie)
Le vice-Premier ministre turc, Numan Kurtulmus, a affirmé que la Turquie ne participera pas à l’opération de Raqqa si l’organisation terroriste PYD y prend part.
Kurtulmus, a répondu aux questions d’un correspondant de l’agence Anadolu (AA) sur l’actualité de la Turquie.
Le ministre turc a d’abord été interrogé à propos des derniers développements de l’opération « Bouclier de l’Euphrate », menée dans le nord de la Syrie, contre les positions terroristes.
Kurtulmus a souligné que l’opération « Bouclier de l’Euphrate » vise à protéger les frontières turques et à empêcher les organisations terroristes de s’attaquer à la Turquie. Il a tenu a préciser qu’il s’agit notamment « d’une affaire de sécurité nationale.»
« Comme nous le disons depuis le début de l’opération [ Bouclier de l’Euphrate], Raqqa appartient aux habitants de Raqqa, Damas appartient aux habitants de Damas, Mossoul appartient aux habitants de Mossoul et Alep appartient aux Aleppins. Nous avons agi sur le terrain conformément à cette thèse », a-t-il déclaré.
« La reprise [des villes syriennes] d’al-Bab et de Jarabulus a été possible grâce aux forces de l'opposition locale et le soutien qui leur a été fourni par la Turquie. Une fois nettoyée de la présence terroriste, 45 milles personnes sont retournées à Jarabulus, soit les habitants locaux. C'est un modèle que nous voulons mettre en place dans l’ensemble de la Syrie. C’est ce que nous attendons aussi de la communauté internationale »,a-t-il poursuivi.
Kurtulmus a souligné la nécessité de ne pas changer la structure ethnique de Raqqa, composée d’environ 95% d’Arabes.
« En nettoyant Raqqa de l’organisation terroriste Daech, nous ne devons pas changer sa structure ethnique et permettre l’entrée d’un autre groupe terroriste. Ceci est notre thèse. Raqqa appartient aux habitants de Raqqa.
"Si la coalition internationale veut apporter son soutien, qu'elle le fasse, et que les opérations soient menées avec les forces de l'opposition syrienne modérée. Si tout se déroule ainsi, la Turquie aussi apportera son soutien à cette opération. Mais s’ils disent qu’ils veulent faire autrement, soit « placer le PYD de là où ils enlèvent Daech », la Turquie ne le permettra pas. Elle ne prendra pas part à l’opération »,a-t-il déclaré.
Le ministre turc a ensuite indiqué que la Turquie mène sens cesse des discussions avec les autorités américaines et russes pour une paix juste et durable en Syrie.
« La Syrie est déchirée. Ceci n’affecte pas seulement le peuple syrien. Si nous n’arrivons pas à établir la paix en Syrie, il ne sera pas question de paix régionale. Et là où il n’y a pas de paix régionale, nous ne pourrons pas établir la paix mondiale », a-t-il dit.
"Si la paix mondiale est ce qui est réellement désirée, ce qu’il faut faire, c’est de lancer immédiatement un processus de résolution, un processus de paix. La Turquie échange à ce sujet sur toutes les plateformes avec toutes les parties concernées, que ce soit la Russie, les Etats-Unis, les autres pays alliés ou encore l’Iran »,a-t-il ajouté.
Selon lui, la Turquie mène des efforts pour établir « une paix voulue et choisie par le peuple » et non pas une « paix imposée ».
Kurtulmus est ensuite revenu sur les opérations menées à l’intérieur du pays, contre les différents groupes terroristes, qui projetteraient de réaliser des actes terroristes durant la campagne référendaire.
« Des opérations d’envergure sont menées chaque jour à travers le pays contre Daech, le PKK et FETO »,a-t-il dit.
Il a indiqué qu’au cours des six derniers mois, des milliers de membres des organisations terroristes PKK et Daech ont été interpellés ou arrêtés,.
Par ailleurs, Kurtulmus a souligné que des personnalités importantes de l’organisation FETO ont notamment été interceptés et que les enquêtes en lien avec FETO se poursuivent dans chaque ville du pays.