AA – Ankara – Nur Gülsoy
La Turquie ne peut pas arrêter le commerce avec l'Irak et les pays voisins au Sud, a affirmé, vendredi, le ministre turc des Transports, de la Navigation et de la Communication, Ahmet Arslan.
Arslan était l'invité de la Table des Éditeurs de l'Agence Anadolu, vendredi, à Ankara.
Il a commenté les possibles voies de transport commercial après l'éventuelle rupture des relations avec le District du Nord de l'Irak, à la suite de la tenue du référendum illégitime, le 25 septembre écoulé.
Arslan a affirmé que la Turquie ne peut pas mettre un terme au commerce avec l'Irak et les pays situés au Sud.
"Les études nécessaires ont été élaborées pour identifier des voies alternatives d'exportation et d'importation, au cas où nous lançons un embargo contre le Nord de l'Irak", a précisé Arslan. Le transport se poursuivra par des voies alternatives, a-t-il dit.
Le ministre a ajouté que le gouvernement évalue de manière approfondie les éventuelles mesures, tout particulièrement aux plans économique et politique, à prendre contre l'Administration du District.
«Nous avons affirmé que les mesures seront mises en œuvre en temps opprtun. Nous avons exprimé notre détermination», a-t-il fait savoir.
Il a rappelé que les vols à partir de la Turquie vers Erbil et Souleymaniyah ont été suspendus.
«Nous avons élaboré des études surtout dans le domaine des transports routiers et ferroviaires, a-t-il insisté. Nous avons des corridors alternatifs, dont le passage par l'Iran. Nous avons aussi la chance de passer par la Jordanie.»
- Projet du Canal d'Istanbul
Le ministre a en outre abordé le projet du Canal d'Istanbul dans le cadre duquel cinq itinéraires optionnels ont été désignés et des sondages ont été effectués.
Les études ont commencé au mois de juillet et les sondages permettront d'identifier le meilleur itinéraire, en tenant compte des sources d'eau, des terres agricoles, pour affecter au minimum l'environnement, elon le ministre.
Il a fait remarquer que ce «géant projet de 42 ou 43 kilomètres qui accueillera les plus grands navires du monde», pourra avoir besoin d'un modèle de financement mixte.
«Le modèle de financement sera différent pour chaque tranche, à savoir l'aménagement autour du canal, l'aménagement de l'urbanisation non planifiée, la transformation urbaine sur l'itinéraire concerné et la création d'îles artificielles, a-t-il fait savoir. Nous élaborons donc des études pour plusieurs modèles de financement qui seront utilisés dans un même projet.»
-Troisième aéroport d'Istanbul
Ahmet Arslan a en outre donné des détails sur l'avancement des travaux de construction du troisième aéroport.
Il a annoncé que le taux d'avancement des travaux de construction a atteint 68%.
«C'est un taux important, a-t-il déclaré. Le projet a commencé à recevoir des prix internationaux déjà. Notre but n'est pas de remporter des prix mais de profiter du fait que le centre mondial de l'aviation civile glisse vers l'Orient.»
Le ministre a ajouté que le premier vol est prévu avant février 2018, et que la première tranche de l'aéroport sera inaugurée officiellement le 29 octobre 2018, concomitament avec la célébration de l'anniversaire de création de la République.
«Notre objectif est d'ouvrir d'abord la première phase qui accueillera 90 millions de passagers, a-t-il poursuivi. Ensuite, le reste sera achevé jusqu'en 2023. Ainsi, l'aéroport, une fois la construction achevée, accueillera 200 millions de passagers.»
Ahmet Arslan a noté que l'aéroport d'Ataturk (côté européen) desservira les petits avions de manière limitée, après l'ouverture du troisième aéroport.
-Déploiement de «policiers de l'air»
De plus, le ministre a annoncé le déploiement de policiers à bord des vols.
«Le ministère de l'Intérieur fera le travail nécessaire dans le cadre du Programme de Sécurité de l'Aviation civile, et sélectionnera les policiers qui auront reçu la formation requise et qui connaissent les procédures d'aviation», a-t-il précisé.
Les informations relatives aux passagers seront partagées avec les pays de destination aussi, et toutes ces mesures sont envisagées par l'Organisation de l'Aviation civile internationale et le Conseil de sécurité des Nations Unies, selon Arslan.
«Le partage des informations sur les passagers est déjà obligatoire, a-t-il dit. Maintenant, nous établissons la base juridique de cette application. Certains pays déploient déjà des 'policiers de l'air' armés pour des raisons sécuritaires. Ces pays voulaient atterrir en Turquie avec des 'policiers de l'air' à bord. Notre réglementation juridique n'étant pas conforme, donc nous l'avons mise à jour.»
Arslan a précisé que ces policiers ne seront pas déployés à bord de chaque vol, mais dans certains cas.