Selin Çalık Muhasiloviç
22 Janvier 2016•Mise à jour: 23 Janvier 2016
AA - Istanbul
En prise à de nombreuses incertitudes et inquiétudes en raison des tensions ethniques et religieuses qui perdurent, et la situation politique confuse qui règne dans l’ex-Yougoslavie après les accords de Dayton, les Balkans sont confrontés à une situation qui se conclura soit par un retour de la stabilité durable soit par le retour de la violence.
Les interventions des pays étrangers dans la région sous prétexte de «assurer la stabilité» n’ont en réalité été qu’une partie des enjeux géopolitiques et énergétiques liés à ces pays.
Par contre, la Turquie, qui place la politique en faveur des Balkans au centre de ses priorités extérieures, développe une politique visant à mettre fin à toutes les tensions dans la région en appliquant une démarche basée sur «la vision et non sur la crise», sous l’impulsion du Premier ministre Ahmet Davutoglu.
La politique d’Ankara dans les Balkans a été définie sur trois priorités, annoncées en 2013 par le ministère des Affaires Etrangères :
«Dialogue politique de haut niveau», «sécurité et intégration économique pour tous», et «protection de la structure multiculturelle, multiethnique et multiconfessionnelle de la région».
Avec cette approche, la Turquie développe des projets sociaux et culturels en plus des activités économiques.
Cette politique de la Turquie est très appréciée par les populations de la région, qui y voient un gage de stabilité et de bonne volonté.
La menace grandissante de Daech dans les Balkans, les projets des puissances étrangères dans un contexte de concurrence sévère et camouflée pour les nouveaux axes énergétiques, et les critiques non fondées contre la Turquie, sont autant de facteurs de risques pour la stabilité de la région.
La Turquie, comme d’autres pays parmi lesquels les Etats-Unis, l’Allemagne ou le Vatican, développe des projets dans les domaines de l’éducation, la santé, l’aide humanitaire, l’emploi ou la restauration de monuments historiques.
L’Agence turque de Coopération et de Coordination (TIKA) est le principal acteur de la Turquie dans ce sens.
Selon le rapport d’activité de la TIKA, les actions sont à 45,5% dans la santé, 20,49% dans le secteur public et les associations, 15,81% dans l’éducation, 14,78% dans la culture et la restauration et 3,45% dans le traitement de l’eau.
Dans le domaine de la restauration de monuments historiques, la TIKA n’intervient pas seulement pour des mosquées ou autres monuments datant de la période ottomane. L’agence ne fait aucune distinction. Dans les pays des Balkans où les chrétiens sont minoritaires, la TIKA restaure leurs lieux de culte.
Dans ce sens, plusieurs églises et monastères ont été restaurés grâce à la TIKA en Macédoine, au Kosovo et en Bosnie-Herzégovine.
Ceci n'a pas empêché d'autres pays impliqués dans la région de porter des accusations sans fondements contre la Turquie.
L’ancien conseiller du ministre américain des Affaires étrangères, David Phillips, avait critiqué les travaux de restauration des mosquées par la TIKA, affirmant que ceci encourage le développement de groupes musulmans radicaux dans les Balkans.
Cette déclaration, qui est survenue au lendemain du Forum d’affaires Serbie-Turquie du 28 décembre 2015, démontre combien l’activité de la Turquie dans la région dérange certains.
Mais ces accusations ne sont pas bien accueillies dans les populations de la région.
Au contraire, la présence de la Turquie et ses activités sont perçues comme un gage de stabilité.
Pour beaucoup, la Turquie joue le rôle de barrage face aux groupes radicaux.