AA - Londres - Nur Gülsoy
La Turquie est la victime de la crise syrienne, a affirmé le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu.
Le chef de gouvernement a accordé une interview à l'éditeur du groupe audiovisuel britannique BBC sur le Moyen-Orient, Jeremy Bowen, mardi.
"La Turquie est la victime de toute cette crise syrienne, a dit Davutoglu. La communauté internationale n'a pris aucune décision solide pour faire cesser ces massacres. En Syrie, 300 000 personnes ont été tuées. Ce sont des êtres humains. Cela n'aurait pas été survenu si une zone sécurisée avait été mise en place."
La question des réfugiés syriens est un grand fardeau sur le dos de la Turquie qui a dépensé environ six milliards de dollars pour ce fait, ces quatre dernières années.
"Personne ne nous aide, a regretté Davutoglu. Seulement quelques départements des Nations Unies (ONU) nous aident un peu. Au lieu d'aider la Turquie, certains milieux la critique comme si elle était responsable de cette situation."
- Zone d'exclusion aérienne en Syrie
Interrogé sur la position de la Turquie sur la mise en place d'une zone d'exclusion aérienne en Syrie, Davutoglu a répondu: "nous l'essaierons. C'est notre approche. Nous l'appelons comme zone sécurisée. Une zone dans laquelle les civils, loins de Daech et du régime syrien, seront également loins de la peur d'être persécutés et attaqués."
- Déploiement de soldats turcs en Syrie
"J'estime que personne ne souhaite déployer des soldats dans la région pour l'instant, a poursuivi le Premier ministre. Si les groupes modérés en Syrie sont assez puissants dans la région, il n'y aura pas besoin de déploiement de soldats étrangers, y compris des soldats turcs. Il est important, à ce stade, de soutenir les Syriens modérés. Nous devons les renforcer. Si les intérêts de la Turquie sont menacés, nous recourerons à notre force, qui que soit l'assaillant. Pour sanctionner les auteurs de ces attaques, nous utiliserons notre force aérienne ou les autres."