AA - Ankara - Nur Gülsoy
L'interdiction d'entrer en Crimée pour le président de l'Assemblée nationale tatare de Crimée "n'a aucune base ou explication légale", a indiqué mardi le ministère turc des Affaires étrangères qui estime qu'elle constitue une violation du droit international et de la Convention européenne des droits de l'Homme. Le ministère a souligné, à cet égard, le soutien ferme de la Turquie aux Turcs Tatars criméens.
"Lorsque le chef national des Turcs Tatars criméens, Mustafa Abdülcemil Kirimoglu, avait été interdit de rentrer dans sa patrie, en Crimée, le 3 mai, et que le Parlement tatar de Crimée avait été menacé de fermeture, nous avions observé que la politique démocratique et pacifique menée par les Turcs Tatars criméens, dans ce contexte, n'avait pas été respectée, de même, a ajouté le ministère turc, les institutions représentatives indépendantes n'avaient pas été tolérées".
L'administration criméenne qui s'était rattachée à la Russie au terme d'un référendum, avait interdit, samedi, au président de l'Assemblée nationale tatare de Crimée, Rifat Tchoubarov, d'entrer dans la péninsule durant les cinq prochaines années, en raison de ses "activités extrémistes." Arrêté au poste de contrôle entre l'Ukraine et la Crimée, il s'était vu confisquer son passeport. Le procureur d'Etat, Natalia Poklonskaya, avait lu à Rifat Tchoubarov "l'acte d'interdiction d'entrée" de deux pages et demi, l'accusant "d'activités radicales."
Le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, a reçu dimanche à Ankara le président de l'Assemblée nationale tatare de Crimée, Rifat Tchoubarov et le chef des Turcs Tatars criméens, Mustafa Abdülcemil Kirimoglu.