AA - Ankara - Nur Gülsoy
La Turquie aura de l'élan avec le régime présidentiel, a estimé le président turc Recep Tayyip Erdogan, lors d'une réunion organisée mardi au palais présidentiel à Ankara.
"J'estime que la Turquie aura de l'élan avec le régime présidentiel, a-t-il affirmé. Ce n'est pas une question individuelle pour moi. C'est un résultat naturel de la tradition étatique de notre peuple. Le système actuel est insuffisant et limite la Turquie. Le monde évolue, notre région évolue, tout évolue. En revanche, chez nous, certains milieux ne progrèssent point. Ceux qui considéraient le fait d'obéir au Chef National comme une obligation civique durant la période du parti unique, parlent maintenant de dictature. Sommes-nous en dictature avec 87 partis politiques actifs dans le pays, dont 31 participeront aux élections du 7 juin? Est-ce une dictature?"
Erdogan a donné l'exemple des Etats-Unis: "N' y a-t-il pas de démocratie dans le régime présidentiel? Si. Où se trouve la démocratie la plus avancée dans le monde? Aux Etats-Unis. L'économie la plus développée? Celle des Etats-Unis. Et ils ont un régime présidentiel. Allons-nous le copier intégralement? Non. Nous en tirerons les aspects positifs. Ça deviendra notre propre régime présidentiel, conforme à nos traditions et coutumes."
Commentant le meurtre de la jeune étudiante Ozgecan Aslan, Erdogan a une nouvelle fois insisté sur le fait qu'il suivra de près l'affaire pour que les coupables soient condamnés le plus sévèrement possible.
La police turque a retrouvé le 13 février le corps calciné d'une femme dans une forêt d'un village proche de la ville de Tarse (province de Mersin-Sud de la Turquie).
Les tests ADN ont permis d'identifier la victime âgée de 20 ans, étudiante en psychologie, déclarée disparue par sa famille trois jours avant que son corps ne soit retrouvé.
L'enquête a permis d'arrêter le suspect, un conducteur de bus, qui a reconnu les faits, expliquant qu'il a attiré la victime dans une zone déserte pour la violer, et que face à la résistance dont elle a fait preuve il l'a d'abord poignardée plusieurs fois, l'a frappée avec une barre de fer puis a mutilé ses mains au niveau des poignets, avant de la brûler "pour effacer toute trace de son ADN".
Le chef d'Etat a terminé son discours en espérant qu'après les élections législatives qui sont prévues pour 7 juin, le Parlement adopte une nouvelle Constitution qui apportera le régime présidentiel, "pour déchaîner la Turquie de ses boulets".