AA - Ankara - Hamza Gedikoğlu
"Nous aidons les peshmergas à traverser la frontière vers Kobani et nous poursuivons nos contacts à ce sujet", a affirmé, lundi, le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu.
À côté du PYD, il existe 7 à 8 groupes différents à Kobani qui combattent l'EIIL. Tous ces groupes ont formé un quartier général commun avec le PYD, a-t-il ajouté.
Le parti de l'Union démocratique (PYD) est la branche syrienne du PKK [organisation pro-kurde classée terroriste par la Turquie, les Etats-Unis et l'Union européenne].
S'exprimant au siège du ministère des Affaires étrangère à Ankara, lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue tunisien Mongi Hamdi, actuellement en visite en Turquie, le chef de la diplomatie turque a déclaré " la Turquie a ouvert ses frontières aux habitants de Kobani et les a accueilli chaleureusement."
Après avoir rappelé qu'environ 200 000 d'habitants du Kobani sont en Turquie, Cavusoglu a affirmé " Nous n'avons jamais souhaité que Kobani tombe. La Turquie a déployé tous les efforts possibles pour empêcher cela, elle a acheminé de l'aide humanitaire et médicale. Nous avons respecté nos engagements et travaillons en pleine coopération avec la coalition."
"Le seul élément qui lutte aujourd'hui contre le régime Assad et l'EIIL, c'est l'Armée libre syrienne (ASL). Nos alliés sont du même avis que nous au sujet de l’ASL qui est le seul groupe qui doit être soutenu dans le cadre d'une stratégie globale", a-t-il ajouté.
Sur un autre plan, Cavusoglu a estimé que la tolérance et la culture du consensus qui ont marqué la période de transition en Tunisie constituent un exemple pour les pays qui sont dans la même situation transitoire. Il s'est dit confiant que le processus de transition aboutira avec la tenu des élections.
Rappelant que le volume des échanges commerciaux entre la Turquie et la Tunisie est de 1,2 milliards de dollars, Cavusoglu a souligné que ce chiffre ne reflète pas le vrai potentiel. "Les deux pays agiront de concert pour encourager les hommes d'affaires turcs d'investir d'avantage en Tunisie", a-t-il dit.
De son coté, le ministre tunisien des Affaires étrangères a remercié la Turquie pour son soutien au cours de la période de transition.
Hamdi a expliqué que la Tunisie déploie des efforts pour renforcer les relations stratégiques entre les deux pays et a fait part de la volonté de la partie tunisienne d'augmenter le volume des échanges commerciaux avec la Turquie.
Sur la crise en Libye, le ministre tunisien a indiqué "Nous devons aider nos frères Libyens afin que le problème soit résolu de manière pacifique. Nous avons une longue frontière avec la Lybie, a-t-il rappelé, précisant que 1 800 000 de Libyens vivent actuellement en Tunisie."