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12 Décembre 2015•Mise à jour: 13 Décembre 2015
AA - Ankara - Nur Gülsoy
Le camp d'entraînement à Bachika (près de Mossoul) a été construit par la Turquie à la demande de l'Irak, a affirmé le président turc Recep Tayyip Erdogan.
Erdogan a accordé une interview à la chaîne de télévision Al-Jazeera, vendredi, dans laquelle il a rappelé que l'Irak, en difficulté à cause de l'expansion de Daech, a demandé de l'aide.
"Nous avons augmenté le nombre de nos militaires à Bachika pour renforcer le camp, dans le but de l'entraînement, qui revêt plusieurs aspects: terrestre, aérien, équipement-entraînement, etc", a-t-il indiqué.
Il a, en outre, souligné que "les Peshmergas se serviront de ces instructions durant leurs opérations [contre Daech]. Les forces de la coalition poursuivent les raids aériens. L'Irak était en difficulté, une organisation terroriste était entrée à Mossoul, avec des buts expansionnistes surtout dans l'Irak du Nord, et le Premier ministre irakien, Haydar Abadi, a demandé notre aide en 2014 en terme d'entraînement, lors de sa visite en Turquie. C'est pourquoi nous avons construit le camp. Ils sont au courant de tout."
Une unité turque se trouve près de Mossoul dans le nord de l'Irak depuis deux ans et demi, pour entraîner des Peshmergas (armée du District du Nord de l'Irak). L'unité avait été changée par le déploiement de 150 soldats et de 25 tanks turcs, vendredi dernier.
Le Premier ministre irakien, Haydar al-Abadi, avait réagi en déclarant que "cette alternance viole la souveraineté [de l'Irak] et n'est pas conforme aux principes de bon voisinage". Le Bureau du Premier ministre irakien avait annoncé, le 6 décembre, que des mesures seront prises, y compris la saisie du Conseil de Sécurité des Nations Unies, si la Turquie ne retire pas ses troupes dans les 48 heures.
Le 10 décembre, le président turc, Recep Tayyip Erdogan a déclaré qu'il n'était pas question de retirer les troupes pour l'instant.
Pour Erdogan, l'administration irakienne dispose du droit naturel de saisir le Conseil de sécurité des Nations Unies sur le sujet, réaction qu'il estime toutefois être "une continuation des avancées faites par la Russie et l'Iran dans la région".
Il a insisté que la Turquie soutient la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Irak.
Le président turc a par ailleurs abordé l'aspect humanitaire du dossier syrien.
" [Le président syrien] Bachar al-Assad a tué 400 000 personnes en Syrie, et douze millions de personnes ont été déplacées, dont cinq millions à l'extérieur du pays. Il est temps de réagir. Nous devons assurer les moyens nécessaires à ces personnes qui souhaitent retourner chez elles. Nous avons besoin d'un projet. Voici le projet: construction de domiciles pour chacun, afin d'empêcher les flux migratoires", a-t-il avancé
Selon Erdogan, le Canada a fait la proposition la plus réaliste concernant le partage des charges des demandeurs d'asile, avec l'accueil de 25 000 personnes.
"Nous ne cherchons pas d'aide monétaire [à joindre] au budget turc, mais un soutien à nos frères syriens", a-t-il affirmé, proposant de "construire des maisons dans les zones épargnées par le terrorisme", et, par là même, de "sauver également l'Occident des flux de combattants".