AA - Bursa - Nur Gülsoy
La fluctuation des taux de change n'a pas touché la Turquie exclusivement, mais plusieurs pays dont l'Afrique du Sud, le Mexique, l'Inde, le Brésil et l'Indonésie, a déclaré le vice-Premier ministre turc, Ali Babacan.
Babacan a prononcé un discours d'inauguration au Sommet de l'Economie d'Uludag, vendredi dans la province de Bursa (Marmara).
"Soyez certains que les marchés de tous les pays, y compris le Brésil, l'Inde, l'Indonésie, l'Afrique du Sud et le Mexique, ont été agités, a-t-il déclaré. L'agitation que nous avons observée n'était pas exclusive à la Turquie."
"L'euro et le dollar peuvent connaître une hausse ou être dépréciés de 5% l'un face à l'autre, a poursuivi le vice-Premier ministre. C'est un taux très élevé et une volatilité très grande. Il est difficile de gérer ces mouvement. Voici un contexte indécis dans le monde et ça touche tous les pays en développement, y la Turquie. Nous avons vu nos taux de change fluctuer durant les dernières semaines."
- Les politiques économiques
Selon Babacan, les politiques économiques comportent trois notions clés, quelque soit le pays, à savoir les politiques financières, les politiques monétaires et les réformes structurelles, qu'il faut coordonner pour réussir en économie.
"La zone euro est en déflation totale, a-t-il affirmé. La stagnation accompagnée d'une déflation, comme il l'est le cas au Japon, est un risque pour l'Europe. La Banque centrale européenne (BCE), conciente de ce risque, essaie de relancer l'Europe par des précautions et des politiques monétaires extraordinaires . Mais il n'est pas possible que les banques centrales puissent à elles seules, stimuler la croissance, l'emploi et le développement. Le plus grand obstacle en Europe est, actuellement, l'incapacité à entamer des réformes structurelles."
Ali Babacan a en outre rappelé que la dette publique était le plus grand problème en Europe, depuis deux ou trois ans, mais par sa décision de fournir aux marchés des liquidités en grande quantité et à des taux réduits, la BCE a montré qu'elle ne cèdera aucun pays à la faillite, ce qui relève du soin palliatif.
"C'est une injustice, a-t-il dit. Car ainsi, les pays qui respectent les règles et opèrent convenablement, sont considérés selon les mêmes critères que les pays imprudents, irresponsables. Nous nous préoccupons de cet aspect à cause des pays qui font partie de notre marché d'exportation en Europe."
Le vice-Premier ministre turc a mis en garde contre les éventuelles fluctuations dans le monde entier, suite aux tendances d'augmenter les taux d'intérêts en juin prochain ou vers la fin de 2015.
- La Banque centrale turque
"Nous devons surmonter les indécisions sur les politiques monétaires, a ajouté Ali Babacan. C'est la Banque centrale qui s'en charge. Effectivement, le gouvernement dresse un cadre. Le gouvernement et la Banque centrale décident ensemble des objectifs. Tout cela est défini dans les lois. Mais pour atteindre ces objectifs, la Banque centrale est munie d'une indépendance. Pour l'instant, nous avons besoin plutôt de prévisibilité."
Le Sommet de l'Economie d'Uludag se terminera par le discours de clôture du ministre turc des Finances, Mehmet Simsek, samedi 14 mars.