AA - Paris - Bilal Muftuoglu
''En Syrie, le terrorisme est double. Il y a à la fois une organisation terroriste (EIIL) et un terrorisme d'Etat perpétré par le régime d'al-Assad'', a déclaré vendredi à Paris le Président turc Recep Tayyip Erdogan qui a critiqué la lutte de la Coalition internationale contre l'EIIL.
Le Président Erdogan qui effectue une visite d'une journée à Paris s'est prononcé au Palais de l'Elysée sur le conflit en Syrie ainsi que sur les relations entre la Turquie et la France .
"La visite d'aujourd'hui confirme la récente tendance positive des relations bilatérales", a affirmé Erdogan, évoquant les divers domaines de coopération entre les deux pays comme celui économique, culturel et militaire, notamment le projet de construction d'une centrale nucléaire à Sinop (nordde la Turquie) en partenariat avec la France et le Japon.
La France et la Turquie sont aussi d'accord sur plusieurs questions relatives aux problèmes en Syrie et en Irak, a ajouté Erdogan.
Rappellant que 40% de l'Irak ainsi qu'une partie importante de la Syrie sont sous le contrôle de l'EIIL, Erdogan a invité la communauté internationale à agir à travers un plan d'action tripartite. Celui-ci contiendrait une zone d'exclusion aérienne, la création d'une zone sécurisée au nord de la Syrie et la formation de l'opposition syrienne modérée, a précisé le président turc.
A cet égard, Erdogan a rappelé que l'armée irakienne, non représentative de la société irakienne en raison de sa composition majoritairement chiite, a quitté ses positions dans les villes de Mossoul et d'al-Anbar pour laisser l'EIIL s'en emparer et récupérer armes et munitions.
Assurant que la Turquie suivra le plan d'action approuvé en coopération avec la Coalition internationale, Erdogan a fermement critiqué les allégations que son pays soutient l'EIIL. Le Président turc a, fait remarquer, à cet égard, que la Turquie a accueilli 1,6 million de réfugiés fuyant les attaques terroristes, dont 200 000 de la ville de Kobané, théâtre d'affrontements entre l'EIIL et les forces kurdes.
Concernant l'avenir de la Syrie, Erdogan a mis en relief que la coalition internationale devra tenir compte des aspirations de la population syrienne et éviter de remplacer Bachar al-Assad par ''un autre dictateur''.
D'autre part, Rappelant le blocage de 5 chapitres par la France dans le cadre de l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne (UE), Erdogan a souhaité retourner dans son pays ''avec des bonnes nouvelles'' permettant l'accélération du processus d'adhésion.
Revenant sur les chapitres bloqués, Erdogan a souligné que la Turquie est prête à l'ouverture des négociations des chaptires 32,33,17 et 15 [Contrôle financier, Dispositions financières et budgétaires, Politique économique et monétaire et Énergie] et que leur conclusion renforcera la coopération non seulement entre la France et la Turquie mais aussi entre la Turquie et les autres membres de l'Union.