Andaç Hongur,Hanife Sevinç,Ayvaz Çolakoğlu
12 Mai 2017•Mise à jour: 13 Mai 2017
AA - Istanbul - Ayvaz Colakoglu
"Pour nous, l'organisation terroriste Daesh est aussi dangereuse que le PKK ou le PYD. Si notre allié américain et nos autres alliés de la région souhaitent rétablir la paix, alors c'est avec la première puissance économique et politique de la région qu'ils doivent coopérer et non avec un groupe terroriste dont le nombre ne dépasse pas 3 ou 5 mille personnes" a lancé le vice-Premier ministre turc Numan Kurtulmus.
Kurtulmus a prononcé un discours, vendredi, lors de la conférence sur les nouvelles innovations et l'entreprenariat à Istanbul.
Concernant l'annonce faite par l'administration américaine sur sa volonté de fournir une aide en matériels militaires lourds au groupe terroriste YPG en Syrie, Kurtulmus a indiqué que les équilibres mondiaux sont en pleine mutation depuis la fin de la guerre froide.
"La crise en Syrie et le morcellement de l'Irak font parties des indicateurs qui montrent la division qui existe dans la politique mondiale" a-t-il précisé, rappelant que les recherches d'équilibres se poursuivent au Moyen-Orient et dans la zone proche de la Turquie.
Kurtulmus a fait savoir que la position de la Turquie est claire et nette sur ces questions.
"Nous soutenons l'intégralité territoriale de la Syrie et de l'Irak au même titre que nous soutenons l'éradication des organisations terroristes de ces deux pays.(...) Pour nous, l'organisation terroriste Daesh est aussi dangereuse que le PKK ou le PYD. Si notre allié américain et nos autres alliés de la région souhaitent rétablir la paix, alors c'est avec la première puissance économique et politique de la région qu'ils doivent coopérer et non avec un groupe terroriste dont le nombre ne dépasse pas 3 ou 5 mille personnes. Ceci est également dans leur interêt, c'est ce que nous leur disons".
Pour Kurtulmus, que toutes ces révélations soient faites avant la visite officielle du président turc, Recep Tayyip Erdogan aux Etats-Unis est un point positif.
"Le président Erdogan aura ainsi l'occasion d'aborder toutes ces questions avec le président Trump et ainsi exposer la vision et la perspective proposée par la Turquie sur ces questions, documents à l'appui" a-t-il souligné.
La situation dans laquelle se trouve la région et les images qui en découlent sont blessantes pour le plus grand nombre a insisté Kurtulmus, déplorant les photos montrant côte à côte, les soldats des forces américaines et les terroristes du YPG/PYD.
"Nous ne tolérerons jamais que, nos alliés dans l'OTAN depuis 1952, ceux qui pour palabrer disent que "la Turquie est l'allié de l'OTAN dans sa frontière Sud" puissent fournir des armes à des organisations terroristes ennemies de la Turquie. Ceci n'est ni acceptable du point de vue de la Turquie ni en ce qui concerne la paix dans la région" a-t-il martelé.
Et Kurtulmus de poursuivre : "Disons que vous avez réussi à débarrasser Raqqa de Daesh, si vous y envoyez le PYD, prêt à faire une épuration ethnique dans cette ville, dont la population est composée de 100 % d'arabes, aurez-vous la conscience tranquille avec tous les problèmes humains et des difficultés que cela va engranger ?"
Kurtulmus a également rappelé que la Russie avait fourni des armes au YPG mais que suites aux réprobations de la Turquie, un accord avait été trouvé en ce sens, lors du dernier sommet d'Astana.