AA - Ankara - Nur Gülsoy
Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a critiqué les propos du président du Parti républicain du peuple (CHP, opposition), Kemal Kilicdaroglu, sur les événements survenus autour de Kobani et l'EIIL.
Dans une déclaration faite vendredi à Ankara, le chef du gouvernement turc a estimé que Kilicdaroglu se contredit en appelant à la paix tout en adressant des accusasions graves au gouvernement concernant une prétendue aide aux terroristes de l'EIIL. Il a affirmé que ces accusasions, sans fondements, ont été à l'origine de violentes protestations et d'actes de vandalisme, ce qui relève de l'irresponsabilité selon le premier ministre turc.
"Il est difficile de comprendre Kilicdaroglu, a dit Davutoglu. Dans sa déclaration faite jeudi, il appelle à la paix d'un coté et accuse notre gouvernement de l'autre en reprenant la thèse que de l'aide aurait été fournie à l'EIIL, ce qui a conduit à des actes de vandalisme. C'est irresponsable de la part de Kilicdaroglu, de l'évoquer à nouveau pendant que des masses populaires sont provoquées par cette idée. Personne ne peut prouver la thèse que la Turquie aurait aidé l'EIIL."
"La Turquie est contre l'EIIL autant que le régime d'al-Assad, a assuré le Premier ministre. Si Kilicdaroglu possède une preuve, qu'il affirme 'que tel ou tel responsable de la République turque a aidé l'EIIL'. S'il ne peut pas le prouver qu'il se taise et ne complique pas davatange les affaires en cette période critique."
Le chef de l'opposition turque, Kemal Kilicdaroglu avait déclaré jeudi, lors d'une réunion, que si le CHP était au pouvoir, "il n'aurait pas soutenu l'EIIL pour qu'il instaure un Etat en Irak et en Syrie."
Davutoglu a demandé au chef de l'opposition d'observer le silence et de ne pas aller se plaindre devant la communauté internationale. "je souhaite que Kilicdaroglu se taise désormais, qu'il ne se plaigne pas de son pays à la communauté internationale et qu'il ne renforce pas la main des provocateurs", a-t-il déclaré.
Le premier ministre turc a aussi ironisé à propos de la proposition de Kemal Kilicdaroglu sur le memorandum autorisant les forces turques et étrangères installées en Turquie d'intervenir militairement en Syrie et Irak, en cas de necessité. Le chef du CHP a appelé à limiter le memorandum à une stricte intervention à Kobani.
"D'autant plus, a lancé Davutoglu, qu'il a fait une proposition ridicule: adopter un mémorandum à part pour Kobani. Nous allons alors adopter des mémorandums séparés pour chaque ville?" a-t-il dit.