Enes Kaplan
04 Janvier 2022•Mise à jour: 04 Janvier 2022
AA/Ankara
Le porte-parole de la présidence turque, Ibrahim Kalin, a souligné le pragmatisme de la politique étrangère turque, notamment au regard de actions entreprises avec l'Egypte et les Emirats arabes unis (EAU).
Kalin a accordé mardi un reportage au magazine Kriter au cours duquel, il a répondu aux questions du Coordinateur général de la fondation turque pour les Recherches politiques, économiques et sociales (SETA), Burhanettin Duran.
"Il nous est important de laisser derrière nous les crises et les tensions périodiques et de prendre de nouvelles mesures de normalisation. C’est dans ce cadre que nous évoluons les actions entreprises avec l'Egypte et les EAU", a tout d'abord affirmé Kalin.
Il a assuré que le nationalise et le produire sur place ne signifient aucunement un enfermement sur soi-même et que quiconque pense ainsi passe à côté de l'essentiel.
"2022 sera une année de nouvelles expansions régionales et d'accélération des étapes de normalisation. Nous ne laisserons pas dans le vide les mains tendues. Nous sommes sensibles aux actions amicales", a expliqué Kalin.
Et Kalin d'ajouter:
"En 2022 et dans le processus menant à 2023, la Turquie continuera à renforcer ses alliances régionales et mondiales tout en augmentant ses opportunités et capacités nationales dans une perspective de politique étrangère de première ligne"
Indiquant que la Turquie est une force indépendante dans sa région, Kalin a poursuivi en soulignant l'indépendance de la politique étrangères turques.
"En tant qu'allié puissant de l'OTAN, nous sommes engagés de manière importante en dehors du monde occidental. Le fait de vouloir adhérer à l'Union Européenne (UE) et l’augmentation de nos échanges commerciaux avec l'Europe ne nous empêche pas d'approfondir nos relations avec l'Afrique. Les liens étroits que nous entretenons avec les Républiques turques d'Asie centrale ne nous empêchent pas d'établir de bonnes relations avec la Russie."
Kalin a insisté sur la nécessité de répondre de manière globale à un problème qui se présente à toute l'humanité comme ce fut le cas avec la pandémie de Covid-19 tout en regrettant que les grandes puissances, dans un soucis de confort, ne souhaitent pas jouer le jeux de la concertation.
Kalin a rappelé que la Turquie, les États-Unis, la Russie et l'Iran ont des points de vues divergentes sur la question syrienne et que chacun tente de s'imposer selon son propre agenda géopolitique.
"La Turquie se doit d'examiner les concepts de paix, de sécurité, de stabilité et de prospérité sous le prisme d’un large éventail. De la crise du Golfe à la Libye, de la guerre du Karabakh à la Méditerranée orientale, il est hors de question pour nous de rester insensible aux développements régionaux qui nous intéressent particulièrement. Même si vous essayez d'ignorer ces problèmes, si vous n'agissez pas à temps, ils viendront à votre porte, mais cette fois, vous serez pris au dépourvu. La Turquie n'a pas un tel luxe. Par conséquent, en 2022 et dans le processus menant à 2023, la Turquie continuera de renforcer ses alliances régionales et mondiales tout en augmentant ses opportunités et capacités nationales dans une perspective de politique étrangère de premier plan", a-t-il détaillé.
Kalin a, en outre, assuré que la Turquie cherche à établir une relation seine, transparente et basée sur la confiance avec les Etats-Unis.
"Nos principales attentes des États-Unis sont qu'ils coupent le soutien apporté au PYD/YPG, la branche syrienne du PKK, adoptent une position réaliste et constructive sur les S-400 et prennent des mesures décisives contre FETO", a-t-il insisté.
Le FETO est une organisation terroriste responsable de la tentative de coup d'Etat menée en Turquie le 15 juillet 2016 et dont les membres sont activement recherchés par les autorités turcs à travers le monde. Le chef de cette organisation est actuellement accueilli et protégé par les Etats-Unis.
L’organisation terroriste PKK, qui mène une campagne terroriste depuis plus de trente ans contre la Turquie, est responsable de la mort d’environ 40 mille personnes, dont un grand nombre de femmes, d'enfants et de nourrissons.
Le PKK est classé comme organisation terroriste par la Turquie, les États-Unis et l’Union Européenne. Le YPG en est la branche syrienne.