AA – Istanbul
Alors que se profile la date limite pour postuler aux prestigieux Istanbul Photo Awards de l’Agence Anadolu (AA), le photographe de guerre expérimenté, et ancien membre du jury des Istanbul Photo Awards, Patrick Chauvel a donné des conseils sur l’importance de la retouche des photos, ainsi que d’autres conseils de ses décennies d'expérience dans le domaine.
"Lorsque vous envoyez des photos pour un prix, le montage est la partie principale", a confié Patrick Chauvel à l'AA.
- "De bonnes photos et un mauvais montage tueront l'histoire!"
Le concours international de photos d'actualité acceptera les candidatures jusqu'au 15 février, à minuit heure locale (2100GMT). 2020 marque la sixième année du concours, ouvert aux photographes professionnels du monde entier.
Les Istanbul Photo Awards sont organisés par l'AA, qui a travaillé avec des dizaines de photojournalistes distingués tout au long de ses 100 ans d'histoire et vise à continuer à soutenir la profession de photojournalisme.
Cette année, le photographe passionné, Patrick Chauvel a également soumis des photos pour le prix, citant en particulier le conflit international majeur de l'autre côté des frontières sud de la Turquie : "Je pense que l'histoire en Syrie est puissante et doit être montrée par tous les moyens possibles!"
"Et j'aime l'idée d'aller à Istanbul", a ajouté le photographe de 70 ans.
Chauvel a déclaré que son mandat au jury des Istanbul Photo Awards 2015 avait été positif, expliquant : "Cela m'a donné l'occasion de voir le travail de très bons photographes, et ça m'a inspiré pour mes futures missions."
Né en France, Chauvel a pris l'objectif très jeune, et au cours de sa vie professionnelle il a été témoin de plus de 20 conflits, y compris la guerre des Six jours de 1967 entre les pays arabes et Israël, ainsi que la guerre du Vietnam et la guerre de Bosnie dans les années 1990.
Chauvel, qui a également écrit plusieurs livres et est apparu dans des documentaires, n'a pas échappé aux dangers de sa profession, comme en 1989, lorsqu'il a été grièvement blessé lors de l'invasion américaine du Panama.
Il est également un journaliste reconnu et récompensé, ayant notamment reçu le Prix World Press Photo en 1995.
- "Je finance toutes mes histoires"
Après des décennies à braver les lignes de front pour la photo parfaite, le photographe chevronné est désormais pessimiste quant à l'avenir de sa profession.
"L'avenir de ma profession est très sombre, a-t-il déclaré. Personne ne veut payer ou prendre la responsabilité de nous envoyer, il y a très peu d'opportunités. Je finance toutes mes histoires et je les revends par la suite."
Chauvel a également expliqué ce qui, pour lui, rend une image digne d'un prix:
"Les photographes qui obtiennent le prix sont, sinon les meilleurs, sûrement ceux qui ont eu l'histoire la plus significative et ont su la raconter en quelques images fortes."
Mais le photographe primé a critiqué les photojournalistes qui font de gagner des prix leur "motivation principale".
"Ils oublient pourquoi nous faisons ce travail", a-t-il déploré, à savoir "rencontrer des gens qui se battent, souffrent et racontent leurs histoires pour que les gens qui vivent dans un monde meilleur puissent comprendre ce qui se passe et peut-être aider."
"Il n'y a pas de mal à penser aux prix. Mais l'histoire d'abord, précise Chauvel. Si vous gagnez, c'est comme avoir une autre occasion de raconter l'histoire encore et encore, mais seulement après avoir fait votre travail. L'argent et la publicité vous aident à continuer, mais c'est un équilibre fragile."
Selon Chauvel, lors du concours de cette année, on verra des photos des conflits en Syrie et en Irak ainsi que celles mettant en lumière le changement climatique, car ce sont les principaux sujets abordés dans le concours de cette année.
Les photographes du monde entier peuvent soumettre des images capturant les événements mondiaux de l'année écoulée. Le concours se concentre sur les nouvelles et les photos sportives, les photos étant évaluées dans les catégories "Nouvelles uniques", "Informations en narration", "Sports uniques" et "Sports en narration".
Un jury international se réunira en mars pour sélectionner les gagnants.
Dans la catégorie "Nouvelles uniques", le lauréat du "Prix de la photo de l'année" recevra 8 000 dollars, et les gagnants des premiers prix des autres catégories recevront 5 000 dollars chacun. Les photographies qui arriveront deuxièmes dans leurs catégories recevront 3 000 dollars et les troisièmes photographies recevront 1 500 dollars.
Toute les photos primées des années précédentes sont disponibles sur le site "istanbulphotoawards.com". Les candidatures au concours peuvent être déposées à la même adresse, jusqu'au 15 février.